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Artistes contemporains africains

 

Pourquoi ne pas saisir l’opportunité offerte par Black Forest de Pascale Marthine Tayou, présentée à la Fondation Clément du 15 décembre au 22 mars, pour évoquer quelques artistes contemporains du continent africain ?

Black Forest, Pascale Marthine tayou

A la question provocatrice de Peter Mark dans son article de 1998 de la revue Outre-mers Revue d’histoire, Simon Njami pourrait répondre comme il l’a affirmé en 2008 dans une interview de Claude  Vittiglio et Jean – Luc Eyguesier pour TV5 Monde   au sujet de l’exposition Africa Remix :

«  Qu’il y ait des artistes africains, oui. Qu’il y ait un art africain, non. Tous ceux qui sont dans une espèce d’essentialité, dans une espèce de nature première se fourrent le doigt dans l’œil »

D’après Simon Njami, le développement des pratiques artistiques contemporaines en Afrique a suivi  trois étapes

  • La célébration des racines, l’affirmation de son africanité juste après les Indépendances

  • L’Ouverture pour échapper aux limites étroites des origines (années 70 et 80)

  • La phase de maturité et d’apaisement

Une grande diversité caractérise l’art contemporain des 54 pays du continent africain, peuplés de 700 millions d’habitants qui parlent plus de 800 langues.

L’émergence de l’art contemporain africain a été un long processus de plus de vingt ans. L’Europe et les USA se sont longtemps partagé  le marché international de l’art. Ce n’est que récemment que la scène internationale s’est ouverte à un certain nombre de pays, autrefois considérés comme périphériques : la Chine, le Moyen Orient et dans une certaine mesure l’Afrique. L’interaction de différents acteurs du marché, biennales, musées, foires, ventes aux enchères, collectionneurs, instances de légitimation de l’art sont indispensables à cette émergence.

On peut citer deux évènements précurseurs en 1987 : Revue Third Text sous l’égide de Rasheed Araeen et l’exposition Ethnicolor, organisée par Bruno Tilliette et Simon Njami. Mais on s’accorde généralement à reconnaître que l’évènement fondateur demeure l’exposition Les Magiciens de la terre organisée  en 1989, Paris  à la fois au centre Pompidou et à la Villette, par  Jean Hubert Martin

Exposition–phare, étape – clé, en dépit de certaines critiques (une vision primitiviste de l’art), Magiciens de la terre intégrait pour la première fois l’art africain à la création mondiale. Sur cent plasticiens, on comptait quinze africains (et cinq caribéens soit quatre haïtiens et un cubain) Cette exposition a révélé quelques artistes contemporains africains comme Frédéric Bruly Bouabré, Esther Malhungu, Bodys Isek Kingelez et Cheri Samba. Certains, particulièrement Chéri Samba,  vont réussir alors à se faire une petite place dans le circuit international.

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Chéri Samba est né en 1956 en République Démocratique du Congo. Il est peintre d’enseignes publicitaires à Kinshasa et réalise également des bandes dessinées pour sa revue Bilenge Info. Il inaugure  « la peinture à bulles »en transposant ses bandes dessinées sur la toile. Sa peinture traite des faits de société, mœurs, sexualité, maladie, inégalités sociales, corruption. Il atteint rapidement une grande popularité locale. A partir de la fin des années 1980, il se représente dans ses tableaux afin « qu’on me connaisse non plus seulement de nom mais aussi de visage comme un présentateur de journal télévisé ». Ses tableaux les plus récents traitent de l’actualité mondiale. Ils sont toujours peints dans une palette chromatique riche, vive, contrastée,  parfois pailletée et accompagnée d’un commentaire du peintre. Aujourd’hui, Cheri Samba  reste l’artiste africain  le plus demandé des ventes d’Art Contemporain africain. Il a   réalisé une enchère remarquable en 2019, avec une œuvre de 2010,L’attachement aux racines.

Esther Mahlangu, née en 1935 en Afrique du Sud commence à peindre à l’âge de dix ans, guidée par sa mère et sa grand-mère, conformément à la tradition de son pays natal où les femmes décorent   l’extérieur des maisons. L’exposition Magiciens de la terre la fait connaître en Europe, elle a alors 54 ans. Ses œuvres sont géométriques et très colorées, inspirées des vêtements et des bijoux du peuple Ndebele. Elle dessine à main levée sans mesure ni esquisse préalable avec des plumes de poulet. Une  fine bordure noire isole et détache nettement les formes sur le fond blanc. Le célèbre constructeur automobile allemand BMW a fait appel à elle à deux reprises pour recouvrir ses modèles de luxe de ses inimitables motifs ndebele, succédant à des artistes aussi réputés et établis qu’Andy Warhol ou Roy Lichtenstein.

Révélé également en Europe par Magiciens de la terre, Fréderic Bruly Bouabré (1923-2014) est né en Côte d’Ivoire.  A la suite d’un rêve, il invente un alphabet unique, composé de centaines de  signes désignant chacun une syllabe, qui permettrait de retranscrire toutes les langues du monde. Il reproduit l’ensemble des syllabes sur des petites cartes en carton et, dans un projet encyclopédique,   retranscrit des contes, des poèmes, des rêves, les connaissances du monde entier.

Ces trois artistes figuraient sur la liste des exposants de Magiciens de la terre.   Ce n’était pas le cas d’Ousmane Sow, qui lui était invité  à la Documenta de Kassel en 1993 et à la Biennale de Venise en 1995.

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Ousmane Sow, originaire du Sénégal et kinésithérapeute – que certains ont eu le bonheur d’entendre en 2013 lors de son passage en Martinique, malheureusement fort peu médiatisé-   se consacre à la sculpture à l’âge de cinquante ans. Révélé en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar, où il présente sa première série sur les lutteurs Nouba. Il sculpte sans modèle. Il invente sa matière en  laissant  macérer pendant des années un certain nombre de produits secrets. Il l’applique sur une ossature faite de fer, de paille et de jute, ouvrant la porte à l’imprévu. Les  Masai, les  Zoulou, les  Peul, les Indiens et les chevaux de  Little Big Horn ont été exposés partout dans le monde.

D’autres évènements déterminants ont jalonné cette reconnaissance internationale progressive de l’art contemporain africain : en 1991, la  création de La Revue Noire de Jean – Loup Pivin et Simon Njami, en 1994 la création de la revue Nka, équivalent de la Revue noire pour le monde anglophone, par Salah Hassan et Okwui Enwezor. Puis le critique d’art et curator d’origine nigériane Okwui Enwezor se voit confier la direction de plusieurs manifestations mondiales, notamment la Documenta de Kassel en 2002. Cette dernière comme la Biennale de Venise joue un rôle non négligeable.  En 2013, l’Angola est le premier pays africain distingué par un Lion d’Or (Lion d’Or du meilleur pavillon national).  Puis le rythme des expositions s’accélère considérablement: en 2013 Création à Londres par Touria El Glaoui du Salon 1 :54, consacré à l’art africain,  en 2015  Beauté Congo à la Fondation Cartier, en 2015, Africa remix  de  Simon Njami au Centre Pompidou qui promeut une vision de l’art africain plus contemporaine que Magiciens de la terre, en 2016  l’exposition de Seydou Keita   au Grand Palais, en  2017  Art/Afrique à la Fondation Vuitton.

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La foire 1 :54, en marge de la Frieze art fair,  apparaît en 2013 comme une réponse à la sous-représentation des artistes africains dans les grandes foires internationales. Le nom de l’évènement, 1-54, fait référence aux 54 pays qui composent le continent africain. 1-54, a permis d’étendre le public et le cercle des acheteurs potentiels.  En quatre ans, 1:54 est devenu un rendez-vous attendu au succès grandissant. L’expansion de ce salon à New York depuis 2015, et à Marrakech en février 2018 démontre l’intérêt pour les artistes africains contemporains.

La grande diversité créative de l’art contemporain africain est manifeste : Yinka Shonibare, Irma Stern, Pascale Marthine Tayou, Kader Attia  ou El Anatsui . Ce dernier est l’un des  rares artistes à avoir acquis une notoriété internationale sans quitter son pays natal.

El Anatsui (1944) est un artiste ghanéen issu de la tribu Ewe. Il  a vécu au Nigéria, où il enseignait à l’université de Nsukka. A 56 ans, il atteint une notoriété internationale. A partir de capsules de bouteilles récupérées,  martelées et liées ensemble, il compose des structures souples, étincelantes  et somptueuses qui questionnent l’art sculptural. Le père et le frère d’El Anatsui étaient tisseurs de kentés. Peut – être a-t-il été inspiré par ces riches tissus ghanéens ?  Il se dérobe ainsi à toute classification. « Je ne veux pas qu’on me considère comme un artiste africain, insiste-t-il. Qui aimerait être traité d’artiste européen ? Je suis artiste tout court ».  Le recyclage n’est pas son propos. En 1990 et en 2007, il participe à la Biennale de Venise, et couvre les murs de l’Arsenal et du Palais Fortuny de ses sculptures spectaculaires.

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Yinka Shonibare,  artiste  d’origine   nigériane est  né le 9 août 1962 à Londres . Yinka Shonibare a grandi à Lagos au Nigeria avant de revenir à Londres  avec ses parents. Il questionne l’authenticité africaine à partir du dutch wax (tissu hollandais). Les Dutch Wax sont les tissus multicolores et imprimés, considérés de manière commune, en Orient et en Occident, comme étant « authentiquement » africains. Ils ont été créés au XIX ème siècle par des marchands hollandais pour le marché indonésien. Inspirés par les  batiks indonésiens, ils étaient censés conquérir le marché mais  le succès escompté n’a pas été  au rendez – vous.  Alors pour écouler les stocks, les marchands adaptent couleurs et motifs et vendent les tissus en Afrique de l’ouest. Les Dutch Wax y connaissent un formidable succès. Les Dutch wax sont devenus africains grâce à cette formidable appropriation populaire. A travers les Dutch Wax, Yinka Shonibare  aborde la question de l’authenticité culturelle et identitaire et déconstruit  une histoire unilatérale écrite par les anciens pays colonisateurs. Les Dutch Wax servent d’abord de fond de toile à ses peintures, ils remplacent ainsi la traditionnelle toile de lin. En 1994, il présente Double Dutch, une installation formée de cinquante panneaux rectangulaires, recouverts de Dutch Wax et d’une épaisse peinture. Les panneaux sont fixés sur un mur peint en rose vif. Il travaille également à partir de l’iconographie de l’ère Victorienne au Royaume-Uni.  Il développe ainsi une contre-vision de l’Histoire écrite et enseignée en Occident.

Omar Victor Diop appartient à la jeune génération. Né en 1980, au Sénégal, il vit et travaille à Dakar (Sénégal).  Révélé aux Rencontres de Bamako en 2011, il s’inscrit dans la lignée grands portraitistes africains Seydou Keita et  et  Malick Sidibé tout en puisant  son inspiration dans l’art occidental ou dans la photographie de mode occidentale. Il se met lui-même en scène dans des autoportraits où il incarne des figures marquantes de la diaspora africaine qui ont joué un rôle important au XVIII et XIX siècles en dehors de leur continent d’origine. Certaines de ses œuvres ont été présentées dans l’exposition de la Fondation Clément, Afriques d’hier et d’aujourd’hui.

Bien qu’il y ait des centaines de photographes en Afrique, on cite surtout Seidou Keita et Malick Sidibé et la démarche photographique d’Omar Victor Diop se nourrit de leurs images.

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Malick Sidibé (Mali,  1936-2014), formé à l’Institut des Arts de Bamako dans les années cinquante crée son propre studio. Témoin de l’évolution d’une jeunesse africaine en mutation, partagée entre la tradition et l’émergence d’une mode, d’une musique et d’un style de vie inspiré du monde occidental moderne, il affectionne particulièrement les reportages sur la vie et les loisirs des jeunes du Mali : soirées, surprises-parties, noces, fêtes, bars, clubs.   Il réalise également des reportages.

Seydou Keïta (Mali, 1921-2001), ébéniste de formation et photographe autodidacte,  ouvre un studio en 1948 et se spécialise dans l’art du portrait. Les portraits de Seydou Keïta acquièrent rapidement une bonne réputation dans toute l’Afrique de l’Ouest. Ses images révèlent un grand sens esthétique et une attention soutenue aux détails. L’harmonie des associations d’imprimés des portraits de femmes retient le regard. Certains clients apportaient des objets avec lesquels ils voulaient être photographiés, mais Keïta proposait aussi différents accessoires – montres, stylos, poste de radio, scooter, pour une mise en situation. Seydou Keïta travaillait essentiellement à la lumière du jour et pour des raisons d’ordre économique ne faisait qu’une seule prise de vue pour chaque portrait.

Certaines femmes artistes bénéficient d’une reconnaissance internationale. Le nom de quatre femmes revient fréquemment dans le top des enchères : Marlène Dumas (1953, Afrique du sud), Julie Mehretu   (1970, Ethiopie), Wangechi Mutu (1972, Kenya), Gadha Amer (1963, Egypte)

Marlène Dumas quitte l’Afrique du Sud en 1976 pour s’installer aux Pays-Bas. Ses dessins et ses peintures figuratives  s’inscrivent dans une  tradition expressionniste teintée cependant d’une certaine distanciation.  A travers le corps humain, elle aborde les thèmes de la vie,  du monde de l’art, du racisme, de  l’Afrique. Elle ne travaille pas d’après des modèles mais  d’après soit des photographies personnelles,  soit des documents récupérés dans des magazines ou encore des cartes postales. Marlene Dumas explore des thèmes existentiels comme la mort, la violence, la sexualité, avec une économie de moyens toujours plus grande.

Wangechi Mutu, née au Kenya,  est une artiste et sculptrice qui vit et travaille à  New York. Ses œuvres s’appuient sur une grande variété de modes d’expression : peintures, collages, vidéos, installations. Elle est souvent associée au mouvement afrofuturiste.   Elle explore les thèmes du genre, de la race, de l’érotisation du corps de la femme et du colonialisme.  Le sujet principal de son œuvre reste le corps de la femme noire, objet de désir, de violence et lieu de projection des archétypes raciaux. Elle questionne l’identité féminine dans ses collages et aquarelles où les  règnes animal, végétal et humain fusionnent et se transforment  dans l’éclosion de créatures fantastiques.

Julie Mehretu, née en Ethiopie,  crée des peintures de taille impressionnante où  se mêlent des tourbillons de couleurs, de traits et de formes. Lignes, courbes, couleurs, traits de lumière se croisent, se multiplient se mêlent mais se maintiennent à la limite de la figuration et de l’abstraction,   avec un trait rapide et  énergique. Ces lignes, ces couleurs et ces courbes semblent bouger,  s’étirer, se contorsionner.

Gadha Amer, née en Egypte  étudie en France avant de s’installer à new- York.  Elle tente de cerner l’identité féminine, au départ par des dessins et des collages mais  dès le milieu des années 80 elle choisit la couture et le travail textile. Ses peintures sont brodées d’un enchevêtrement de fils.
Elle crée à partir d’images de revues féminines et explore ainsi la construction du rôle de la femme, de la sexualité et de l’amour dans les sociétés contemporaines.

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Est-il pertinent d’élargir la scène contemporaine africaine aux artistes issus de la diaspora et d’intégrer les plasticiens afro- américains et afro-britanniques dans ce panorama ?

Barack et Michelle Obama ont renforcé la reconnaissance des artistes afro- américains d’une part en remaniant  l’accrochage de la Maison Blanche pour mettre en valeur des artistes afro-américains  et, d’autre part, en commandant leurs portraits officiels à Kehinde Wiley et à Amy Sherald. Leurs propositions ont  révolutionné, renouvelé et modernisé le genre du portrait présidentiel.

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Kehinde Wiley, né à Los Angeles, d’un père Yoruba du Nigeria et d’une mère afro- américaine,  ne découvre l’Afrique qu’à l’âge adulte mais très tôt, il remarque  l’absence du corps noir dans les tableaux  des collections muséales. Il choisit alors de portraiturer des jeunes hommes afro-américains — d’abord des quartiers de Brooklyn et de Harlem — en les représentant dans des postures valorisantes. L’art de Kehinde Wiley explore des questions liées à l’identité raciale et sexuelle, à la classe sociale et au pouvoir, au sein de parodies picturales revisitant l’histoire de l’art. Il mêle des références au Hip-hop, à la culture pop et à la peinture classique, Ingres, Titien, Rubens ou Vélasquez.

Il représente le Président Obama, assis, serein et détendu entouré un all – over de motifs floraux répétitifs aux nuances saturées. Les fleurs symbolisent son parcours de vie : le lys africain évoque son ascendance paternelle kenyane, le jasmin Hawaï où il a grandi et le chrysanthème, Chicago où il a entamé sa carrière.

Amy Sherald a choisi des couleurs froides pour une composition pyramidale sur fond de ciel. Les nuances de gris et le visage grave de Michèle Obama contrastent avec les motifs géométriques de  la robe.

Fréquemment les plasticiens afro-américains détournent les codes de la peinture occidentale pour révéler des constructions socio-culturelles et sociopolitiques fondées sur la couleur de peau et déconstruire les clichés comme l’avait fait, dans  les années 70,  la pionnière   Betye Saar par l’appropriation et le détournement d’objets de la culture populaire américaine.

Njideka Akunyili CROSBY (Nigeria, 1983) pratique elle aussi l’art du portrait. Introduite aux enchères en 2016, elle a d’ores et déjà obtenu sept enchères millionnaires. Arrivée aux Etats – Unis à l’âge de 16 ans, elle utilise une technique mixte de collage, de dessin, de peinture et de transferts photographiques pour créer, à partir d’images en tout genre, des œuvres qui ressemblent à des patchworks. Les images transférées se réfèrent majoritairement à la culture populaire ou renvoient à des tissus africains traditionnels. Elle interroge l’identité post-coloniale dans des scènes de la vie quotidienne ou d’intimité domestique. Elle entend, elle aussi, lutter contre les clichés  attachés à la représentation américaine de l’Afrique

Pour ses portraits, Kerry James Marshall adopte  des pigments comme  le carbone et  intensifie la carnation de ses personnages jusqu’au noir le plus profond au sein de compositions revisitant la tradition picturale occidentale, de  la Renaissance à l’époque moderne.

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Des peintures, des photographies, des installations  détournent donc les  codes et les techniques des maîtres anciens.  Kehinde Wiley, Kerry James Marshall en peinture ;  Omar Victor Diop en photographie ;    Yinka Shonibare  mixe  les codes victoriens et africains comme avec pour objectif la déconstruction des clichés.

C’est la parution du livre Black Artists in British Art: A History Since the 1950s d’ Eddie Chambers  qui, en 2014,  a mis en lumière l’importance  des artistes noirs dans l’histoire de l’art britannique. Steve Mc Queen, premier artiste britannique noir à avoir  bénéficié d’une exposition solo à l’Institut d’art contemporain de Londres mais très connu du grand public pour ses films Twelve years a slave et Les veuves ;  Yinka Shonibare et Chris Ofili, révélés grâce à l’impulsion de la galerie Saatchi et l’émergence de Young British Artists à la fin des années 1990.

Le grand public connaît surtout Steve Mc Queen réalisateur de films :  Hunger, Les veuves et surtout Twelve years a slave.    Sacré meilleur film aux oscars en 2014, il était aussi  nommé dans huit autres catégories. Mais Steve Mc Queen, né à Londres en 1969, est avant tout un plasticien spécialiste de la vidéo. Ses vidéos, déjà empreintes d’une atmosphère cinématographique sont ouvertes à une double interprétation et   traitent de  la violence, du   corps et de  son langage mais aussi de sa résistance. Après Bear (1993), Deadpan est récompensé par le prix Turner en 1999. Ses œuvres sont ambivalentes et troublantes : Carib ‘s Leap, Western Deep, Charlotte. On peut aussi citer Illuminer, Drumroll et Static. C’est une œuvre puissante et originale.

Chris Ofili (1968) est un peintre britannique, il  vit et travaille à Trinidad mais également à Londres et à Brooklyn.  Chris Ofili, couronné par un prix Turner,  crée des peintures kaléidoscopiques complexes et des œuvres sur papier qui mêlent abstraction et figuration. Ofili s’est fait connaître dans les années 1990 pour ses peintures multicouches complexes et ludiques, qu’il a décorées avec un mélange emblématique de résine, de paillettes, de collages et, souvent, de bouse d’éléphant. Ses œuvres récentes – vibrantes, symboliques et souvent mystérieuses – s’inspirent des paysages luxuriants et des traditions locales de l’île de Trinidad.

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Le rayonnement accru des artistes contemporains africains, afro-américains et afro-britanniques ne pourra qu’être renforcé par la récente donation, en juillet 2019   de quarante – cinq œuvres d’art sub saharien du collectionneur Jean Pigozzi au Moma de New-York : Frédéric Bruly Bouabré, Seydou Keïta, Romuald Hazoumé, Moké ou Chéri Samba. Elles seront intégrées au parcours réaménagé des collections permanentes.

Pourquoi cet incomplet et rapide survol de la création contemporaine africaine ne provoquerait – il pas votre curiosité et votre désir d’approfondir votre connaissance des pratiques artistiques du continent africain ?

D.B 

 

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