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Néon et art contemporain en Caraïbe

 

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Les enseignes  chinoises en néon de Hi An de la collection Renault ont suscité mon  désir d’explorer les créations plastiques lumineuses d’ici et d’ailleurs en renouvelant ma  certitude qu’il y avait encore un long travail à accomplir pour mieux connaître la création plastique de notre environnement immédiat, l’arc antillais.

Des artistes africains et caribéens intègrent, peut – être plus largement qu’on ne le pense,  le néon dans leurs oeuvres et quelques noms d’artistes de la sphère caribéenne viennent ici rejoindre   celui de Jérémie Paul (Guadeloupe)  mais aussi de Valérie Oka (Côte d’Ivoire) et de  Pascale Marthine Tayou(Cameroun).

https://aica-sc.net/2018/12/15/du-neon-dans-lart/

Le néon peut avoir une simple fonction décorative mais il peut aussi partager une vision philosophique de la vie et inviter le spectateur à y réfléchir.  Il arrive aussi qu’il porte une réflexion parfois critique sur le fonctionnement du monde de l’art ou plus directement une acerbe critique politique. Parmi les caribéens, on note la forte présence des plasticiens de Porto Rico.

L’artiste, Kadir Lopez Nieves ( Cuba) restaure les anciens signaux lumineux de la Havane, cinémas, hôtels, cabarets, dans un souci de préservation du patrimoine et d’embellissement de cette ville, joyau de l’architecture latino- américaine.

Osaira Muyale (Aruba), Bobby Cruz (Porto Rico ), Hector Madera (Porto Rico)  partagent à travers leurs  phrases colorées leurs expériences de la vie, leurs visions du monde, leurs états émotionnels pour inviter le spectateur à y réfléchir.

Entre 2002 et 2014, Osaira Muyale a développé  six phases d’un  important projet Only beautiful words dans différents coins du globe,  Aruba, Equateur, Liban, Costa Rica, Népal mais aussi New -York, lors de l’exposition Caribbean crossroads of the world. Ses phrases lumineuses traduisent l’expérience humaine disent la solidarité, l’empathie, l’amour,   le plus souvent en anglais, considérée généralement comme la langue universelle mais aussi quelquefois dans la langue des pays d’installation de l’œuvre publique. Six messages luminescents ont invité le spectateur à l’introspection.

1 I always thought that every one is the same The immigrant, 2002- 2003, Aruba

2 Yo siempre pense que cada uno es igual Numbers as tools, 2004,8th Bienal de Cuenca Banco de Fomento  Ecuador

3 I always thought that every one is the same New religion, Beyrouth et Teoretica Costa Rica
Photographer: Frederic Lezmi

4 I always thought that every one is the same New language, Nepal  Siddhartha Art gallery 2009
Exhibition The Myth and the Reality

5 Love is in the Air –Moving energy, Queen Beatrix International Airport, Aruba , 2012

6 Artwork ‘Abo ta Ami  2014 et Perez Art Museum Miami  April 18, 2014 September   2014 Caribbean Crossroads of the World ainsi qu’ en 2012 au Museo Del Barrio, New York Project Caribbean Crossroads of  the World

Les oeuvres de Bobby Cruz (Porto Rico)  nous immergent  dans la  culture portoricaine, ses traditions, ses préjugés  et invitent l’observateur à analyser son interprétation de ces  expressions locales

Hector Madera, lui, évoque les états émotionnels, joie, frustration ou tristesse où le plongent  des expériences embarrassantes de la vie quotidienne.

Le second groupe d’artistes, Tavares Strachan (Bahamas),   Rafael Ferrer (Porto-Rico ), Karlo Andrei Ibarra (Porto Rico)et Miguel Luciano  (Porto- Rico)  ont une approche critique de la société et du monde de l’art plutôt  qu’une expression de leur moi intime.

Une réflexion sur l’art, son contexte et son fonctionnement, est au cœur des propositions artistiques de Tavares Strachan et  Rafael Ferrer.

C’est lors de Prospect.3 : Notes for Now, entre octobre 2014 et janvier 2015,  à la Nouvelle-Orléans,  que Strachan a dévoilé son installation en néon You Belong here. Les lettres en néon rose de vingt mètres, circulant sur une barge le long du Mississippi étaient ainsi  visibles de différentes sites de la Nouvelle-Orléans. Elles invitaient les  habitants de la ville à réfléchir à leur relation avec leur territoire dans le contexte post- Katrina

Présenter une œuvre mobile, à l’inverse des autres participants installés plus traditionnellement dans un espace d’exposition était aussi une volonté d’analyser les conditions de monstration de l’art  et le sens du mot « ici », sans cesse autre en raison du déplacement de la péniche.

La critique de Rafael Ferrer est plus directement dirigée contre le monde de l’art.

Ferrer est une figure majeure de l’art de la Caraïbe et un  artiste prolifique qui a travaillé la sculpture, la peinture, le dessin, la gravure et l’installation.  En 2010, il a présenté une exposition majeure au Museo Del Barrio intitulée Retro / Active ainsi que Sous le même soleil au musée Guggenheim en 2014 ; A cette occasion le Guggenheim a réalisé l’acquisition  la pièce de 1973 ARTFORHUM.

Artforhum est un néon multicolore montré pour la première fois dans l’exposition solo de l’artiste 1971 au Whitney Museum of American Art. L’œuvre se lit comme un jeu de mots sur Artforum, le nom d’une  revue emblématique bien connue. Ferrer y fustige  l’art fabriqué par et pour une élite.  Le mot,  contraction d’une question provocatrice « Art for whom -L’art pour qui ? » proteste contre le magazine qui ignore l’art produit en dehors de l’axe Europe-Amérique du Nord.

L’exposition Ride or Die de Miguel Luciano en 2017 associait des   peintures,  des sculptures et des œuvres nouvelles,  des sculptures avec des vélos vintage Schwinn personnalisés qui commémorent les traditions des clubs de vélo portoricains à New York.  Elle critiquait  la relation coloniale entre les États-Unis et Porto Rico, à l’occasion du centenaire de la citoyenneté des Portoricains (1917-2017), tout en explorant la crise économique et politique actuelle de  l’île et ses implications pour la diaspora. Le terme Pa-lan-te serait peut – être une contraction phonétique de l’expression « por adelante » qui signifie « en avant » et une allusion aux Young Lords, un groupe d’étudiants portoricains activistes de New – York inspirés par le Parti des Panthères Noires.

Le travail de Karlo Andrei Ibarra (Porto Rico) interroge les limites sociales, politiques, culturelles et géographiques. En particulier, la pièce Continental (Live in America) qui n’est pas sans rappeler This is not America  d’Alfredo Jaar (https://aica-sc.net/2018/12/15/du-neon-dans-lart/) . Toutes deux remettent en question l’utilisation du mot America qui désigne comme un continent unifié trente cinq pays et vingt cinq territoires bien distincts ou   ne prend en compte, dans une réduction admise,  que les États-Unis. Portoricain d’origine, Ibarra  soulève des questions sur la marginalisation de tous les autres pays qui composent le continent.

Cette contribution à une ébauche  de l’histoire de l’art de la Caraïbe n’attend plus que vos compléments et commentaires

DB

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