you're reading...
Articles en français

Radicales, engagées ou embarquées?

Un seul clic sur la première image pour faire défiler le diaporama

En septembre 2017, le  Hammer Museum présentera  Radical Women: Latin American Art, 1960-1985. Des œuvres de cent-trente femmes de quinze pays de l’Amérique latine, le la Caraïbe continentale mais aussi de la Caraïbe insulaire seront exposées : Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Guatemala, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, Porto Rico, Uruguay, Venezuela. (liste complète en fin d’article)

Elles sont radicales soit dans leurs postures face au monde et par leurs regards critiques soit dans leurs pratiques et recherches artistiques exacerbées.

Autrement dit, elles sont engagées

L’engagement, c’est l’acte ou attitude de l’intellectuel, de l’artiste qui, prenant conscience de son appartenance à la société et au monde de son temps, renonce à la position de simple spectateur  et met sa pensée ou son art au service d’une cause dit le dictionnaire.

C’est Jean Paul Sartre qui, dans Situation II, donne un retentissement extraordinaire au concept d’engagement : Dévoiler, c’est changer. Se taire, ce n’est pas être muet, c’est refuser de parler.

 Cependant l’histoire de l’art et de la littérature est jalonnée de créateurs engagés. Pour retracer un récapitulatif succinct et bien sûr incomplet des écrivains et plasticiens engagés, on évoque  bien évidemment Pascal qui utilisait le terme    Embarqué.

Vous avez en mémoire les pièces-pamphlets de Molière contre les faux – dévots, les précieuses ridicules ou  sur la condition féminine

Mais aussi, les Philosophes du XVIIIème siècle.

Plus tard, au XIX ème, Zola avec notamment J’accuse

Au XX ème siècle,  Albert Camus :

L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l’artiste à ne pas s’isoler …comme le fit le peintre Jonas dans la nouvelle Jonas, ou l’artiste au travail, une nouvelle tirée du recueil L’exil et le royaume.  Cette fiction  traite du problème de création artistique et analyse le rapport de l’artiste avec la société autour des notions contraires de “solitaire” et de “solidaire.” ?

L’espoir de Malraux et  Poésie ininterrompue d’Eluard mais aussi Desnos, Brecht, Steinbeck et Les raisins de la Colère en 1939 comme d’ autres  romans sociaux viennent  rejoindre les exemples précédents.

Même André Gide qui en dépit des Nourritures terrestres  où il prône en 1897 que l’individu se rende disponible pour jouir de l’instant, s’indigne des conditions de travail des Africains lors de son voyage au Congo en 1927.

Aimé Césaire, bien sûr et ses Armes miraculeuses.

Et aussi Picasso : Que croyez-vous que soit un artiste ? un imbécile qui n’a que des yeux s’il est peintre, des oreilles s’il est musicien ou une lyre à tous les étages du cœur s’il est poète, ou même s’il est boxeur, simplement des muscles ? Bien au contraire, il est en même temps un être politique, constamment en éveil devant les déchirants, ardents ou doux évènements du monde. Non la peinture n’est pas faite pour décorer les appartements. C’est un instrument de guerre offensive et défensive contre l’ennemi.

Et il l’a démontré avec Guernica comme l’ont fait la Salle rouge pour le Vietnam en 1968 ainsi que  Ernest Pignon Ernest avec Les Gisants . Pignon Ernest prend position dans ce travail. : il rappelle les événements sanglants de la Commune de Paris, qui ont eu lieu en 1871, soit cent ans auparavant. C’est en interpellant les passants, par l’effet de surprise né de la rencontre avec ces dessins et par la dimension mortuaire de ces personnages allongés et ensanglantés, qu’il dénonce la manière dont se sont déroulés ces deux mois de la Commune. Pignon Ernest a réalisé une série de dessins, qu’il a ensuite reproduits en de nombreux exemplaires grâce à la sérigraphie. Ces dessins ont été collés sur certains murs de la ville de Paris, en 1971. Ils représentent des «gisants», allongés les uns à côté des autres. Leur grand nombre forme une œuvre monumentale

L’œuvre d’art n’est pas un jeu gratuit  de l’esprit, un passe-temps luxueux. Au XXI ème siècle, elle n’est plus réductible uniquement à sa matérialité. Elle revendique  de nouveaux critères de distinction et, à travers elle, en suscitant interrogation et réflexion des spectateurs, l’artiste contribue à l’évolution de la société dans laquelle il vit.

Voici  quelques plasticiennes caribéennes, africaines, américaines, européennes qui font passer leurs convictions dans leurs œuvres.

Souvent leur propre corps est mis en jeu

Corps représenté, corps exhibé, corps mis en scène, corps malmené.

Elles  manifestent

contre la suprématie masculine

contre les contraintes esthétiques imposées aux femmes

contre une vision erronée et stéréotypée de la femme

contre une vision stéréotypée de la femme noire

contre les violences de l’esclavage

elles exhibent leur féminité pour la revendiquer

elles protestent et dénoncent

Contre la suprématie masculine

Deux femmes, de génération différente, manifestent contre la suprématie masculine en rendant un hommage aux femmes trop souvent oubliées : Judy Chicago ( USA) et Susana Pilar Delahante ( Cuba)

 The Dinner Party (1974-1979) est une installation que l’artiste féministe américaine Judy Chicago a réalisée dans le but de « mettre fin au cycle continuel d’omissions par lequel les femmes sont absentes des archives de l’Histoire ». The Dinner Party est une installation composée d’une table triangulaire d’environ 15 m de côté. Chaque place de la table comporte un chemin de table brodé du nom d’une femme célèbre ainsi que des images ou des symboles qui lui sont liées, une serviette, des ustensiles de cuisine, un verre ou un gobelet et une assiette. Beaucoup d’entre elles portent un relief en forme de papillon, ou de fleur, symbolisant une vulve.

 Les noms de 999 femmes mythiques et historiques sont associés aux couverts des   39 convives

 

Judy Chicago The dinner's party

Judy Chicago
The dinner’s party

Avec Mumulov (2014) , Susana Pilar Delahante utilise internet pour créer  un  musée virtuel participatif dédié à toutes les femmes dont l’action n’a pas été suffisamment reconnue. Vous pouvez consulter cette plate – forme pour y puiser des informations mais aussi l’enrichir en insérant la biographie d’une femme à qui vous voulez rendre hommage : http://mumuolv.com/

D’autres  plasticiennes stigmatisent et s’insurgent contre la domination masculine en détournant des affiches publicitaires :  Les Guerilla girls (USA ) et Barbara Kruger (USA)

Les Guerrilla Girls sont un groupe d’artistes féministes fondé à New York en 1985 et connu pour créer et diffuser des affiches afin de promouvoir la place des femmes et des personnes de couleur dans les arts. Leur première performance consista à poser dans les rues de leur ville d’origine des affiches décriant le manque de représentation de ces groupes sociaux dans les galeries et les musées. Outre leurs engagements, leur particularité vient du fait qu’elles veulent toutes garder l’anonymat (on ne connaît d’ailleurs pas leur nombre) et c’est donc pour rester incognito qu’elles prennent des pseudonymes. L’anonymat leur permet aussi de concentrer l’attention du public sur leurs messages et non sur leurs identités tout en les protégeant d’hypothétiques représailles sur leurs carrières Cependant, les Guerrilla Girls agrémentent leurs anonymats d’une originalité en prenant comme alter-ego des noms de femmes artistes, comme Frida Kahlo ou Hannah Höch, pour rappeler à la mémoire de tous, les grands noms féminins de l’art, qui sont, pour elles, trop négligés par l’histoire de l’Art.

Barbara Kruger est une artiste conceptuelle américaine. Elle devenue  célèbre grâce à ses photos-montages de photographies de presse en noir et blanc juxtaposées à des slogans concis et agressifs, rédigés en blanc sur fond rouge.

Les propositions de Niki de Saint Phalle ( France) et Valie Export (Autriche) sont des performances.

 » Prêt, visez, feu !  » Les Tirs de Niki de Saint Phalle (1961) peuvent apparaître aujourd’hui comme l’un des actes pionniers d’une certaine incarnation de la femme artiste, engagée et militante. Les cibles visées par ces Tirs mêlent étroitement les préoccupations personnelles ou intimes de l’artiste à des problématiques sociales, politiques, esthétiques. Toutes renvoient cependant de manière directe ou indirecte à l’idée sous-jacente d’une domination masculine, à abattre, mais aussi à un désir d’affranchissement et de liberté.

Valie Export réalise à la fois des performances, des vidéos et des photographies conceptuelles. Elle est une pionnière de l’art médiatique. Doggedness (1968) est une performance où elle promène un homme en laisse dans la rue.

Contre les contraintes esthétiques imposées aux femmes

Annette Messager (France), Janine Antoni(Bahamas), Susana Pilar Delahante ( Cuba) dénoncent les tortures esthétiques que bien souvent les femmes s’imposent elles – mêmes sous la pression sociale

La série Les Tortures Volontaires (1972) d’Annette Messager comprend environ quarte – vingt images qui reprennent des publicités de magazines où figurent les pratiques et manoeuvres que s’imposent les femmes pour se rendre plus attractives.

C’est une performance que propose Janine Antoni, Loving care, (1992) .  Janine Antoni utilise son corps comme outil et plonge ses cheveux dans un seau de teinture pour cheveux puis  peint le sol entier de la galerie en le balayant de sa chevelure. Loving care est le nom de la teinture. Cette performance situe le double asservissement de la femme : aux impératifs de la mode et au travail domestique.

Susana Pilar Delahante El tanque

Susana Pilar Delahante
El tanque

Plus récemment  El tanque (2015) de Susana Pilar Delahante, promeut la mode Nappy. La vidéo documente une performance conçue pour protester contre les souffrances du défrisage à chaud que s’infligent les femmes pour correspondre à un modèle imposé , se transformer et répondre à des canons de beauté imposés par la société.

Orlan mène le même combat contre la tyrannie de la beauté stéréotypée pour  le respect de la différence.  Elle envisage son corps comme matériau artistique, le met en scène ou le transforme, parfois grâce à des opérations de chirurgie plastique.

Contre une vision stéréotypée et erronée de la femme

Raquel Païewonsky (République Dominicaine) et Susan Dayal (Trinidad) s’insurgent  contre les clichés attachés à la représentation de la femme. Le jeu de mot du titre de Bitch Ball(2010) s’inscrit en faux contre la classification de la femme dans la catégorie des garces. De même Susan Dayal exige le respect de la femme quelle que soit son apparence

Orlan, avec son audacieuse performance , Le baiser de l’artiste (1977)  critique une société qui considère de manière tacite la femme comme un simple objet ou un vecteur de plaisir tout en évoquant la relation de l’artiste au commerce. Assise derrière l’image d’un buste nu et installée sur une scène, Orlan  invente le distributeur automatique de baisers et vend ses baisers à la foule. En échange d’une pièce de 5 francs, à glisser dans une fente aménagée entre les seins et qui tombe au fond d’un « pubis-tiroir » transparent, l’artiste « donne » un baiser.

 Valie Export a réalisé la performance Tapp und Tastkino (1968) documentée par des vidéos et des photographies,  dans les rues de dix villes d’Europe. Le buste dissimulé par une boîte en bois  fermée sur le devant par un rideau,  elle invite le public à introduire ses mains sous le rideau et à palper ses seins. Elle questionne ainsi, de manière provocatrice et subversive, le rôle de la femme dans le cinéma tout en choisissant de solliciter le toucher du spectateur.

Contre une vision stéréotypée de la femme noire

 Deux œuvres, l’une de Betye Saar, l’autre de Renée Cox portent le même titre, La libération d’Aunt Jemima. En 1972, Betye Saar, une des artistes pionnières de la côte Ouest, interrogeant les stéréotypes négatifs liés à la représentation des Noirs « libère » Aunt Jemima dans une œuvre culte, dont Renée Cox a donné depuis une version renouvelée. Dans cette œuvre de 1972, Betye Saar utilise dans un assemblage un bibelot représentant Aunt Jemima mais la munit outre son balai d’un fusil dans l’autre main. Le stéréotype est subverti dans son support même. Dans son remix de la Libération d’Aunt Jemima, Renée Cox, à travers la figure de Raje, avatar de l’artiste, transforme la figure servile et maternelle en super héroïne sexy. L’une détourne un bibelot populaire, l’autre utilise un support photographique mais toutes deux veulent en finir avec l’image de la femme noire, naïve et soumise, en faire une guerrière moderne libre.

Florine Démosthène est une artiste d’origine haïtienne qui a poursuivi ses études aux USA et qui vit actuellement au Ghana. Elle expose depuis 1997.

Sa démarche est centrée sur la représentation du corps féminin noir.

La thématique de Florine s’articule autour de la représentation stéréotypée du corps de la femme noire, traditionnellement envisagée aux USA soit comme une nounou simplette et dévouée, aux formes généreuses soit comme une femme provocatrice et insolente, un brin vulgaire

Florine revisite le genre du nu féminin. Elle représente des femmes, souvent monumentales, nues, aux formes voluptueuses et généreuses, qui semblent faire offrande de leur corps, dans des situations d’exclusion, d’exploitation sexuelle, de soumission, de désespoir, de captivité dans un monde en ruines. Le décor est simplifié et suggéré.

Elle crée une nouvelle héroïne atypique. Son nom, Azzmama, est forgé à partir d’un verbe qui signifie influencer ou diriger par le charme fessier ou encore utiliser la région fessière pour effrayer et surprendre de sorte que le mouvement devient impossible donc mettre les autres dans un état de stupéfaction (azzmamatic).

Candice Breitz est une artiste originaire de Johannesburg dont le travail, essentiellement composé de vidéos et de photographies, entretient une relation ambivalente (autant fascinée que critique) à la culture populaire. Sa pratique est celle du ré-emploi, de la ré-interpréation et de la reproduction de formes et d’objets déjà existants pour stigmatiser, dans Ghost series, les préjugés raciaux.

Candice Breitz Ghost Serie

Candice Breitz
Ghost Serie

La série DeLuxe d’Ellen Gallagher comprend soixante gravures individuellement encadrées  sur cinq rangées de douze, disposées dans un ordre fixé par l’artiste. Les matières premières du travail sont des annonces tirées de magazines datant des années 1930 aux années 1970, destinées aux consommateurs afro – américains : produits pour les  cheveux, pour  l’amincissement, pour la peau, tels que des crèmes de blanchiment. Gallagher a employé une variété de techniques pour transformer les annonces, combinant les procédés d’impression traditionnels de gravure et de lithographie avec les développements récents dans la technologie numérique. Après le processus de gravure, Gallagher a ajouté une gamme d’éléments décoratifs sur les surfaces de nombreuses images, y compris les paillettes, feuilles d’or et huile de coco.

 Carrie Mae Weems  pratique un usage critique de la photographie documentaire pour évoquer l’histoire ancestrale ou contemporaine de l’Amérique ou se met parfois en scène dans des fictions photographiques.Elle utilise plusieurs procédés photographiques et vidéographiques pour explorer  les questions de race, de sexe et des inégalités de classes sociales. Elle  cherche à décrypter le présent en examinant l’histoire. Avec Cette série, From Here I Saw What Happened and I Cried, Carrie Mae Weems retravaille  des portraits ethnographiques historiques accompagnés de commentaires pour aborder les préjugés envers les Afro-Américains à travers les XIXe et XXe siècles.

 Sonia Boyce

Sonia Boyce  est une artiste britannique de renommée internationale, dont la pratique de l’installation, de la photographie et de la vidéo s’inscrit dans un tournant de l’art contemporain britannique et international post-1989. Elle questionne l’histoire coloniale et la représentation des femmes noires en Grande-Bretagne , plus  particulièrement la relation entre la construction de l’image de soi au contact de celle véhiculée par les médias de la société blanche. Avec From Tarzan to Rambo, elle stigmatise la diffusion des stéréotypes  du cinéma Hollywoodien.

 Valérie Oka est  diplômée de l’École Supérieure d’Arts Graphiques, Paris, en 1990. En plus de sa pratique artistique, elle a travaillé comme graphiste ; professeur d’art contemporain à l’Institut National Supérieur des Arts et de l’action Culturelle à Abidjan; et directrice des Communications, Arts et Culture, pour le groupe « Zuloga » à Beijing. Le travail de Oka mélange divers médiums et disciplines artistiques. Ses performances, installations, dessins, peintures et sculptures explorent les principes fondamentaux des relations humaines : intimité sexuelle et affective, désirs, violences.

Vous découvrirez dans quelques semaines le second volet avec trois nouveaux axes :

Contre les violences de l’esclavage

Joscelyn Gardner

Tracey Rose

Jeannette Elhers

Nina Faustine

Exhiber sa féminité pour la revendiquer

Susan Dayal

Poppy Jackson

Valie Export

Carollee Schneemann

Joanna Vasconcelos

Protester et dénoncer

Kelly Sinnapah Mary

Sayuri Guzman

Ebony G Patterson

Tania Bruguera

Et vous, souhaitez-vous compléter cette liste en présentant une plasticienne radicale et sa démarche ? Vous pouvez envoyer votre texte en word et vos images en Jpeg à aica-sc@orange.fr pour une insertion sur le blog.

 

Un nouveau coup d’oeil sur les images après la lecture du texte ?

Un seul clic sur la première image pour faire défiler le diaporama

 

Radical Women: Latin American Art, 1960-1985 : liste des artistes

ARGENTINA

María Luisa Bemberg (1922–1995)

Delia Cancela (1940)

Graciela Carnevale (1942)

Alicia D’Amico & Sara Facio (1933–2001 & 1932)

Diana Dowek (1942)

Graciela Gutiérrez Marx (1945)

Narcisa Hirsch (1928)

Lea Lublin (1929–1999)

Ana Kamien & Marilú Marini (1935 & 1940)

Liliana Maresca (1951)

Marta Minujín (1941)

Marie Orensanz (1936)

Margarita Paksa (1933)

Liliana Porter (1941)

Dalila Puzzovio (1943)

Marcia Schvartz (1955)

 

BRASIL

Mara Álvares (1948)

Claudia Andujar (1931)

Martha Araújo (1943)

Vera Chaves Barcellos (1938)

Analívia Cordeiro (1954)

Liliane Dardot (1946)

Lenora de Barros (1953)

Iole de Freitas (1945)

Anna Bella Geiger (1933)

Carmela Gross (1946)

Ana Maria Maiolino (1942)

Marcia X (1959–2005)

Ana Vitoria Mussi (1943)

Lygia Pape (1927–2004)

Letícia Parente (1930–1991)

Wanda Pimentel (1943)

Neide Sá (1940)

Regina Silveira (1939)

Teresinha Soares (1927)

Amelia Toledo (1926)

Celeida Tostes (1929)

Regina Vater (1943)

 

CHILE

Gracia Barrios (1927)

Sybil Brintrup & Magali Meneses (1954 & 1950)

Roser Bru (1923)

Gloria Camiruaga (1941–2006)

Luz Donoso (1921–2008)

Diamela Eltit (1949)

Paz Errázuriz (1944)

Virginia Errázuriz (1941)

Catalina Parra (1940)

Lotty Rosenfeld / Grupo C.A.D.A. (1943)

Janet Toro (1963)

Eugenia Vargas (1949)

Cecilia Vicuña (1947)

 

COLOMBIA

Alicia Barney (1952)

Delfina Bernal (1940)

Feliza Bursztyn (1933–1982)

Maria Teresa Cano (1960)

Beatriz González (1938)

Sonia Gutiérrez (1947)

Karen Lamassonne (1954)

Sandra Llano Mejía (1951)

Clemencia Lucena (1945–1983)

María Evelia Marmolejo (1958)

Sara Modiano (1951–2010)

Rosa Navarro (1955)

Patricia Restrepo (1954)

Nirma Zárate (1936–1999)

 

COSTA RICA

Victoria Cabezas (1950)

 

CUBA

Antonia Eiriz (1929–1995)

Ana Mendieta (1948–1985)

Marta María Pérez (1959)

Zilia Sánchez (1928)

 

GUATEMALA

Margarita Azurdia (1931–1998)

 

MÉXICO

Maris Bustamante (1949)

Ximena Cuevas (1963)

Lourdes Grobet (1940)

Silvia Gruner (1959)

Kati Horna (1912–2000)

Graciela Iturbide (1942)

Ana Victoria Jiménez (1941)

Magali Lara (1956)

Mónica Mayer (1954)

Sarah Minter (1953–2016)

Marta Palau (1934)

Polvo de Gallina Negra (1983–1993)

Carla Rippey (1950)

Jesusa Rodríguez (1955)

Tlacuilas y Retrateras (1983–1984)

Pola Weiss (1947–1990)

 

PANAMÁ

Sandra Eleta (1942)

 

PARAGUAY

Olga Blinder (1921–2008)

Margarita Morselli (1952)

 

PERÚ

Teresa Burga (1935)

Gloria Gómez Sánchez (1921–2007)

Johanna Hamann (1954)

Victoria Santa Cruz (1922-2014)

 

PUERTO RICO

Poli Marichal (1955)

Frieda Medín (1954)

 

URUGUAY

Nelbia Romero (1938–2015)

Teresa Trujillo (1937)

 

ESTADOS UNIDOS

Celia Alvarez Muñoz (1937)

Judy Baca (1946)

Josely Carvalho (Brasil, 1942)

Isabel Castro (1954)

Barbara Carrasco (1955)

Yolanda López (1942)

María Martínez Cañas (Cuba, 1960)

Sylvia Palacios Whitman (Chile, 1941)

Sophie Rivera (1938)

Sylvia Salazar Simpson (1939)

Patssi Valdez (1951)

 

VENEZUELA

Marisol Escobar (1930)

Mercedes Elena González (1952)

Margot Romer (1938)

Antonieta Sosa (1940)

Tecla Tofano (1927)

Ani Villanueva (1954)

Yeni & Nan (1977–1986)

 

Publicités

Discussion

Rétroliens/Pings

  1. Pingback: Radical Women in Latin American and Caribbean Art – Repeating Islands - 16 janvier 2017

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Retrouvez toute l’information sur le marché de l’art

artprice
%d blogueurs aiment cette page :