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Marché de l’art : les ultra – contemporains et les NFT

© source Artprice

La dénomination marché de l’art recouvre des réalités diverses et contradictoires. Les oeuvres d’art  sont vendues par des galeries (transaction de gré à gré) et  le chiffre d’affaires de ce marché privé n’est pas connu avec précision. Ou bien elles sont vendues dans des ventes aux enchères dont les chiffres et résultats sont connus.  C’est à partir de ces résultats qu’est déterminée ce que l’on appelle la cote des artistes selon leurs produits de ventes annuels aux enchères.  Comme le dit Raymonde Moulin, l’analyse des résultats des ventes publiques exige une connaissance subtile du marché réservée aux habitués, pour ne pas dire aux initiés. Et il est bien vrai que pour le grand public, le marché de l’art reste une nébuleuse indécryptable. Ce condensé du rapport d’Artprice donne le pouls de l’actualité du marché de l’art structuré par les résultats des ventes aux enchères.

Entre le 1er juillet 2021 et le 30 juin 2022, les ventes aux enchères d’Art Contemporain ont enregistré   un très léger ralentissement de -1,1 % à l’échelle mondiale. En 2021/2022, Artprice by Artmarket recense 39 880 signatures contemporaines aux enchères (pour 34 602 l’année dernière) dont 5 300 nouvelles entrées, beaucoup plus que l’année dernière qui en comptait 1 284. Au total, l’Art Contemporain pèse 17,6 % du Marché de l’Art pour l’exercice 2021/2022. Le marché Ultra-Contemporain (artistes de moins de 40 ans) représente quant à lui 2,7 % de l’ensemble du Marché de l’Art. New York concentre à elle seule 38 % de la valeur mondiale des ventes aux enchères d’Art Contemporain.

Les œuvres maîtresses des artistes blue-chips c’est-à-dire ceux dont les prix dépassent le million d’euros et qui restent constants dans le temps.   – comme Basquiat, Warhol, Banksy, Condo, – ont atteint des montants stratosphériques.  En conséquence les collectionneurs osent désormais s’aventurer au-delà des valeurs sûres et se livrer à des surenchères acharnées pour les créations moins coûteuses de très jeunes artistes prometteurs.

Il y a encore vingt ans, aucune œuvre n’atteignait 100 millions de dollars, un seuil de prix dépassé depuis à dix-huit reprises, dont sept fois pour des œuvres datées de la seconde moitié du 20e siècle, sous les noms d’Andy Warhol, Francis Bacon, Alberto Giacometti et, le plus jeune, Jean-Michel Basquiat. À la fin des années 1990, Basquiat était le seul artiste de moins de 40 ans (il est décédé avant d’atteindre cet âge) à dépasser le million aux enchères. Aujourd’hui, ses meilleures œuvres ne valent plus 1 mais 30, 40, 50 et jusqu’à plus de 100 millions de dollars tant le “mythe” Basquiat s’est renforcé avec le temps. Qui sont les Basquiat et les Warhol de demain ?

Wong

Parmi les artistes de moins de quarante ans qui connaissent un franc succès sur le marché de l’art, Wong qui a été immédiatement propulsé parmi les cent artistes mondiaux les plus performants, toutes époques confondues, selon leurs produits de vente aux enchères. Sur les six premiers mois de l’année 2022, la vente de ses œuvres génère 21m$ (dont un record absolu à 5,9m$ pour The Night Watcher), ce qui ne représente pas moins de 10% du résultat total de l’art ultra-contemporain. Tragiquement disparu en 2019 à l’âge de 35 ans, Matthew Wong a été salué depuis comme l’un des peintres les plus talentueux de sa génération par Roberta Smith, critique d’art au New York Times. Les collectionneurs l’ont aussi élu comme le peintre contemporain le plus désirable du moment. Dès son introduction aux enchères en 2020, soit quelques mois après son décès, huit de ses toiles dépassent le million de dollars sur l’année. Une course folle des prix s’engage pour accéder à des œuvres dont la rareté se démultiplie à la suite du décès choisi de l’artiste.

Le marché des artistes de moins de 40 ans reflète les enjeux majeurs de notre époque, notamment ceux d’une meilleure valorisation des femmes et de la construction d’un futur digital de l’art, avec les NFT

Singer

Plus de 2 600 artistes de moins de 40 ans animent aujourd’hui le Marché de l’Art ultra-contemporain. Le fruit des performances qu’ils réalisent – 200,9m$ – repose pour moitié sur dix d’entre eux, dont sept femmes. Avery Singer (née en 1987Avery Singer (née en 1987), le plus haut des records.  Son langage plastique emprunte au collage numérique et adopte volontiers le noir, le blanc et les nuances de gris. Un monde pictural singulier qui a déjà conquis les musées européens (Stedelijk Museum d’Amsterdam en 2016 et Ludwig Museum de Cologne en 2019) et américains (MoMA, Whitney Museum). Soutenue par des méga-galeries, Avery Singer fait tourner la tête des grands collectionneurs, jusqu’en Asie. Apparue aux enchères l’année de ses 30 ans (2017) avec une première toile vendue pour 36 000$, Avery Singer enregistre l’année suivante un étonnant 735 000$ pour Fellow Travelers, Flaming Creatures (2013), vendue chez Sotheby’s New York.

On peut également citer Christina Quarles (née en 1985) et Flora Yukhnovich (née en 1990)

Par ailleurs, deux Marchés de l’Art coexistent à présent : l’un organique, l’autre disruptif. Le premier se place dans la tradition, celle de l’Histoire de l’Art, avec ses codes, ses musées, ses galeries, ses foires, ses biennales, etc. Le second, celui des œuvres numériques ou NFT, embrasse un monde en pleine recomposition.

Beeple

En mars 2021, la vente aux enchères d’un NFT (non-fungible token, «jeton non fongible») assurant la propriété d’une œuvre de Mike Winkelmann — mieux connu sous son pseudonyme Beeple— a atteint le montant record de 69,3 millions de dollars. Le coup d’éclat orchestré par la célèbre maison de vente Christie’s a placé cet ancien ingénieur informatique originaire du Wisconsin au panthéon des artistes vivants les plus cotés au monde.  À quelques mois seulement de cette enchère miraculeuse, le vieux routier de l’art numérique n’avait jamais vendu une seule de ses œuvres plus de 100 $.

Les artistes de la nouvelle niche NFT gagnent leur popularité en dehors des circuits traditionnels. Ils multiplient généralement les collaborations en dehors du monde de l’art et des institutions artistiques, utilisent les plateformes de cryptoart comme “Super Rare” pour rencontrer leur public en toute autonomie, ce qui leur permet d’avoir un retour économique rapide sur leurs œuvres digitales

L’attrait grandissant pour l’art ultracontemporain, soutenu par les institutions et les grandes galeries, est désormais manifeste.

Lire le rapport complet

https://fr.artprice.com/artprice-reports/le-marche-de-lart-contemporain-2022

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