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Lorsque le carnaval devient art

 

Quoi de plus idoine, en cette saison de carnaval, qu’un hommage à l’immense artiste qu’est  Peter Minshall ?

Paradise lost

Peter Minshall, né au Guyana, a grandi à Trinidad. Après ses études à la Central School of Art and Design de   Londres  et quelques galops d’essai au carnaval de Notting-Hill, de retour à Trinidad, il réalise en  1976 sa première création pour le carnaval de Trinidad, Paradis Perdu, inspiré du poème de Milton. Quatre groupes de cinq cents carnavaliers chacun composaient le défilé en quatre mouvements,  Pandemonium, The Garden of Eden, Paradise et  Sin and Death.

Depuis 1976, Peter Minshall a conçu plus de vingt-six défilés de carnaval mais aussi des spectacles pour des cérémonies olympiques,  Jeux panaméricains en 1987,  Jeux Olympiques d’été à Barcelone en 1992 et à Atlanta en 1996,  Coupe du monde de football en 1994 et  Jeux Olympiques d’Hiver de Salt Lake City en 2002. Ses créations ont également animé   des concerts de Jean- Michel Jarre à Paris ou à Moscou à partir des années 90 et ont été montrées lors des  biennales de La Havane.

Iron Butterfly

L’œuvre de Minshall est construite et cohérente, marquée non seulement par des inventions techniques successives pour apporter le mouvement  aux déguisements mais sous-tendue aussi, à la fois, par un récit – les défilés carnavalesques racontent des histoires- et par une réflexion sur des questions sociales ou philosophiques comme l’éphémère de la vie, le combat entre le bien et le mal, la nécessité de la diversité.

Danse Macabre
The midnight robber

Danse macabre
The midnight robber

Après Zodiac (1978), Carnival of the sea (1979) empreints de fantaisie légère, la Danse macabre ( 1980) annonce la volonté de dépasser le  divertissement séduisant. Puis c’est une réflexion sur l’éphémère de la vie que propose Papillon (1982) avec  ses deux mille cinq cents intervenants.

Papillon
The king

Papillon
The Queen

Papillon
Photo courtesy of Callaloo Co.

Les années suivantes, les créations de Minshall prendront la forme de trilogies, des récits épiques se répondant les uns les autres sur trois carnavals successifs mais se déployant également sur les trois jours de carnaval. En 1983, avec River, la présentation des protagonistes, Washerwoman, symbole de la vie et de la joie, et Man Crab, égoïste et méchant, roi et reine du peuple du fleuve, habillé d’un blanc immaculé,   intervenait pendant le concours des rois et reines du carnaval. Leur affrontement commençait le lundi du carnaval pour s’achever le mardi dans une folle bataille de couleurs, déclenchée par trente prêtresses inondant leurs robes blanches de rouge, marquant ainsi le triomphe de Man crab, tractant sur scène la structure déchiquetée de Washerwoman pendant que des  canons à couleurs projetaient sur scène des kilos de poudres colorées, transformant le peuple du fleuve en rivière de couleurs.

River, Man Crab

 

 

River, Man Crab

River, Man crab: un procédé technique inonde de rouge la bannière blanche

Deux autres parades, Callallo (1984) et The golden calabash ( 1985) prolongeaient cette épopée guerrière.

 

The merry monarch

The merry monarch

Dans les années quatre – vingt – dix, une seconde trilogie, Hallelujah (1995), Song of earth( 1996), Tapestry (1997), après une série de mascarades plus sombres, plus amères ou même cauchemardesques, Rat race ( 1986), Carnival  is color (1987),Jumbie (1988), Santimantay ( 1989), entamait les louanges de la diversité.

Santimantay

Song of earth

L’art de Minshall dépasse la seule conception de costumes. C’est un spectacle total, interdisciplinaire, mêlant danse et musique, qu‘il présente. C’est une gigantesque performance qui se déploie de la scène jusque dans les rues. Les prouesses techniques pour articuler les grands personnages sont sans cesse renouvelées et, sous le masque et le costume, il aborde des sujets sérieux, parfois même tabous. Il prend souvent le contrepied des conventions carnavalesques et pratique au plus haut degré d’originalité cet art de la performance populaire. Tout au long de sa longue  carrière, Peter Minshall a élevé le carnaval au rang d’art total.

Et juste pour le plaisir des yeux, quelques images…

Source : Caribbean Beat Magazine

Read the original article here: Masman: Peter Minshall – Caribbean Beat Magazine – Caribbean Beat Magazine http://www.caribbean-beat.com/issue-79/masman-peter-minshall#ixzz56SkYJk4t

 

Discussion

2 réflexions sur “Lorsque le carnaval devient art

  1. très instructif quel magnifique artiste qui arrivent à véhiculer du sens dans la beauté carnavalesque, j’ai partagé spontanément sur Facebook

    Publié par breleur | 10 février 2018, 10 h 45 min
  2. A reblogué ceci sur INVESTIGATIONS MÉMORIELLES EN ARRIÈRE-PAYS WOLFOKIENet a ajouté:
    Un alter ego de João Trinta au Brésil.

    Publié par Cyclone WOLFOK | 10 février 2018, 21 h 03 min

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