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Art Latino-américain : les derniers résultats 

© artprice.com

Diego Rivera
Le canoë fleuri (1931) Museo Dolores Olmedo Mexico

Depuis près de 40 ans, les grandes sociétés de ventes aux enchères soutiennent et diffusent, depuis New York, l’art latino-américain. La première cession spécialisée de New-York remonte en effet au 17 octobre 1979. Sotheby’s, qui initiait alors l’émergence d’un pan essentiel de la création mondiale, fut suivie dans les années 2000 par Christie’s et Phillips. Depuis une dizaine d’années, les trois sociétés consacrent chaque année des ventes entièrement dédiées aux oeuvres modernes et contemporaines latino-américaines.

Cette année, les ventes spécialisées des trois sociétés furent toutes organisées le même jour (le 21 novembre 2017) contre un étalement traditionnel sur deux jours et force est de constater que les résultats n’ont cette fois rien d’euphoriques…

En effet, le nombre d’oeuvres proposées a été considérablement révisé à la baisse comparé aux vacations pléthoriques de l’année dernière : le nombre de lots offert est passé de 525 à 330 et le produit de ventes global a naturellement suivi une cure d’amincissement, passant de 48m$ cumulés par Christie’s-Sotheby’s et Phillips les 22 et 23 novembre 2016, à 32,65 m$ cette année. Christie’s devance ses deux concurrentes avec 16,6 m$ d’oeuvres vendues le 21 novembre, contre 11,8 m$ chez Sotheby’s et 4,25m$ chez Phillips.

Les signatures mondialement célèbres à l’image de celles de Botero et de Diego Rivera se trouvaient particulièrement bien représentées, notamment chez Christie’s qui présentait pas moins de 10 œuvres de Botero à son catalogue, dont deux toiles vendues très haut (The House pour 912 500 $ et Man and Horsepartie pour 792 500 $).

Sotheby’s fut par contre confronté à une forte déception car son lot phare, un monumental monumental Retrato de un español de Diego Rivera, chef-d’oeuvre annonçant la période cubiste de l’artiste et exposé au salon d’Automne de 1912, a essuyé un échec de vente dans sa fourchette d’estimation de 3 à 5m$… il s’agissait là de l’oeuvre la plus importante de cette journée de vacation, mais Sotheby’s s’est fort heureusement rattrapée avec la vente d’une très belle œuvre de l’artiste brésilien Emiliano Di Cavalcanti (Recicling nude with fish and fruit, 1956) partie pour1,575 m$. C’est un nouveau record et la première adjudication millionnaire du  »premier artiste moderne brésilien ». Un autre résultat confortable est à signaler chez Sotheby’s pour Rufino Tamayo : après une forte baisse de son indice de prix sur les deux dernières années, le grand artiste mexicain conquiert un nouvel élan à travers la vente de sa toile Personaje en un interior pour près de 2 m$ (1,935m$). La reconnaissance de l’oeuvre de Tamoyo remonte aux années 40′. A l’époque, il exposait déjà au côté de Balthus, Matisse, Miró et Picasso… Il fut consacré dans les années 50′ par l’inauguration d’une  »salle Tamayo » à la Biennale de Venise et l’obtention du premier prix de la Biennale de Sao Paulo en 1953. Cette nouvelle adjudication millionnaire n’est pas une surprise, d’autant que Tamayo passait dejà ce niveau de prix à la fin des années 90′, mais elle confirme la tendance.

Les maigres recettes de ce mois de novembre n’ont malgré tout rien d’inquiétant. La journée fut certes marquée par quelques déceptions à travers des ventes manquées mais la plupart des résultats sont probants. Les œuvres signées Joaquín Torres-García, Matta, Alfredo Ramos Martínez, Tomás Sánchez, Mario Carreño, David Alfaro Siqueiros ou Armando Morales attisent toujours autant le désir des collectionneurs. Certains artistes latino sont même en train d’enregistrer une année 2017 exceptionnelle, à l’image du sculpteur uruguayen Pablo Atchugarry pour qui 2017 devrait être une année historique en terme de résultat de ventes. L’un de ses marbres s’est vendu 162 500$ chez Phillips, qui enregistre en tout 14 lots vendus à plus de 100 000 $ le 21 novembre.

En-dehors du strict marché des enchères, l’art latino-américain est particulièrement bien soutenu sur le circuit institutionnel et par les musées privés américains. Le Pérez Art Museum de Miami a d’ailleurs reçu cette année la promesse d’une donation de 10 m$ par le collectionneur Jorge M. Pérez, ainsi que 200 œuvres d’artistes cubains parmi lesquels Hernan Bas, Carlos Garaicoa, ou le collectif Los Carpinteros. Les bienfaiteurs de l’art latino-américain poursuivent leurs actions au bénéfice d’un rayonnement et d’une reconnaissance de plus en plus solaire.

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