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Connaissez – vous le Caribbean art movement ?

L’histoire de l’art de la Caraïbe n’est encore que très partiellement écrite, rarement envisagée dans sa globalité et peu partagée entre les zones francophone, anglophone, hispanophone ou hollandaise. Pour contribuer au meilleur partage de l’histoire de l’art de la Caraïbe, l’Aica Caraïbe du Sud vous propose, non pas une traduction complète mais  une version française du récent  l’article sur le Caribbean art movement.

C’est le 19 décembre 1966, lors d’une rencontre informelle dans  l’appartement de Kamau Brathwaite à Londres,  Mecklenburgh Square, qu’est né le CAM. En effet récemment arrivé des Caraïbes, ce dernier   voulait entrer en contact avec le plus d’artistes caribéens possible pour rompre leur isolement et accroître de manière significative leur visibilité à la vie culturelle de leur pays d’accueil.

Des conférences, le journal Savacou,  créé comme plate-forme pour le CAM –  reliant ses activités en Grande-Bretagne, dans la région des Caraïbes , dans la diaspora africaine et ailleurs à l’international- le programme Full House de la BBC, les publications des éditions New Beacon Books ont contribué à susciter l’intérêt pour le travail des artistes britanniques de couleur  .

Cette version française est rédigée par Suzanne Lampla.

Lire la version originale d’Eliane Mackintosh

https://aica-sc.net/2017/04/07/how-well-do-you-know-the-caribbean-art-movement/

©George Padmore Institute Courtesy

Le mouvement des artistes Caribéens (CAM) et son héritage.

 

La rencontre organisée le 29 Mars 2017 à la Tate Galery, à l’initiative de David Bailey, a réuni des artistes et des commissaires d’expositions représentant un nouveau mouvement caraïbe dans le Royaume-Uni. David Bailey est le Directeur d’ICF (International Curators Forum) et, pour l’occasion, président de la séance et modérateur. L’ICF constitue un réseau qui débat des questions concernant les pratiques en matière de commissariat, et plus particulièrement des événements artistiques majeurs au niveau international. C’est un organisme qui offre des bourses et qui facilite le développement professionnel des commissaires.

A l’occasion de cette rencontre, le groupe composé de vingt invités, des curateurs et des artistes impliqués dans la caraïbe et autres régions diasporiques, auxquels se sont joints des auteurs, critiques d’art, musiciens et deux archivistes, a mené une réflexion sur le rôle significatif que les expositions et les artistes majeurs de la Caraïbe ont joué dans les six décennies passées. Cette période a connu en effet des changements non négligeables.

Etaient aussi présents, Sarah Garrod, archiviste, John La Rose et Sarah White. John La Rose est entre autres co-fondateur du CAM avec Edward Kamau Brathwaite et Andrew Salkey. Parmi les intervenants, on peut citer Paul Dash, Errol Lloyd et Anne Walmsey, tous membres du CAM. La nouvelle génération était représentée par des artistes et des curateurs, Lynn Parotti, Michael McMillan, Graeme Evelyn et Kat Anderson.

Errol Lloyd, artiste, critique d’art, éditeur et administrateur, a été très actif comme membre du CAM, et un pionnier du Black Art Movement en Grande-Bretagne. Dans son intervention, il a évoqué à propos du BREXIT l’impact potentiellement majeur pour l’avenir, de ce choix national, à la fois sur l’identité britannique et sur les groupes de minorités diverses vivant en Angleterre.

Anne Walmsey, universitaire de renommée mondiale et membre du Caribbean Artist Movement,  a publié l’ouvrage The Caribbean Artist Movement 1966-1972 en 1992, et elle avait auparavant publié deux anthologies sur la littérature caribéenne : The Sun’s Eye publié en 1968 et 1989, et co-écrit avec Nick Caistor, Facing the sea (1986). Egalement Guyana Dreaming : the Art of Aubrey Williams (1990), une compilation sur l’œuvre de l’artiste.

Les citations qui ont suivi, toutes extraites de l’ouvrage The Caribbean Artists Movement 1966-1972 a Literary & Cultural History, 1992 – New Beacon Books Ltd, London, par l’auteur présente au cœur même du mouvement, évoquent très justement les thèmes de cette rencontre d’ICF, avec entre autre la connexion Martinique, aujourd’hui une composante solide dans le programme pan-caribéen d’ICF.

©George Padmore Institute Coutresy

C’était aussi l’occasion de rappeler la longue liste de ceux qui ont bâti le mouvement, et qui ont parachevé la transformation de la communauté antillaise d’autrefois d’exilés et d’immigrants en  Britanniques Noirs d’aujourd’hui. Aux noms déjà cités, on peut ajouter Wilson Harris, Ronald Moody, Orlando Patterson, Evan Jones, Louis James. CRL James, auteur, et Linton Kwezi Johnson, musicien connu du Reggae, font partie des nombreux membres originaires des Antilles et installés en Grande-Bretagne.

Paul Dash, artiste, éducateur et auteur, est connu pour son travail important sur l’éducation artistique en Grande-Bretagne. Sa présentation incluait des images des quelques-unes de ses peintures, dont Dancing in the Street, et Souvenir de la Barbade, dont il est originaire. Parmi les œuvres de la maturité, il a présenté à son public Après Gauguin : Manau Tupapau, et un portrait d’Aubrey Williams.

 Sont évoqués ensuite les événements qui constituent l’héritage du mouvement, comme cette rencontre entre Aimé Césaire et Depestre, à Cuba et Andrew Salkey ; la présentation d’Aimé Césaire, poète de la Négritude à la seconde conférence du CAM ; la reconnaissance d’un héritage par Rex Nettleford, fondateur de la Jamaica National Dance Theatre Company. Un peu plus haut, David Bailey avait souligné l’importance de la revue Tropiques qui, comme la publication Savacou constitue un outil incontournable s’agissant de l’activité artistique et littéraire des premières décennies du postcolonialisme.

Puis ce fut au tour de quatre artistes et curateurs de la nouvelle génération d’évoquer le présent : Lynn Parotti, par exemple avec son installation ‘Tar Baby’ –poupée de goudron. Originaire des Bahamas, elle explore dans sa pratique les effets du changement climatique avec les conséquences que cela entraîne.

Parmi les œuvres présentées, celle de McMillan, une installation illustrant sa vision de la salle de séjour traditionnelle  « antillaise » et sa valeur symbolique. L’exposition’ Jamaican Pulse ; Arts and Politics from Jamaica and the Diaspora’ a été présentée par ses deux curatrices, Graeme Evelyn et Kat Anderson. C’était aussi l’occasion pour Evelyn d’annoncer son prochain projet, la création d’un autel (Reredos), the Eternal Engine, pour le Diocèse de Londres.

Le mot de la fin revenait à David Bailey qui, avant de clore les débats, a annoncé la tenue à la Biennale de Venise en 2017  du ‘Diaspora Pavilion’, avec dix artistes d’origines et de cultures différentes sélectionnés pour présenter leur travail, sous la houlette d’experts internationaux, ce qui constitue un développement majeur pour l’ICF.

Suzanne Lampla

Aica Caraïbe duSud

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