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Pour une critique d’art sensible

Comment concevez – vous votre fonction de critique d’art ?

L’exercer dans le contexte de la Caraïbe, cela lui confère t-il ou non des particularités ?

logo françaisLe blog de l’Aica Caraïbe du sud vous propose de publier votre analyse.

             Mon propos, en publiant des articles, est double. Il est, d’une part, de contribuer à l’émergence d’une critique d’art qui a longtemps fait défaut et qui se doit d’accompagner le travail des plasticiens pour les révéler à un public qu’il convient par ailleurs d’éclairer. Il est aussi de rendre compte de l’actualité artistique en Guadeloupe, en particulier dans le domaine de l’art contemporain. Et de situer cette activité en lui offrant des ouvertures littéraires. Dans une mise en relation relevant de la « rencontre », telle que la concevait GLISSANT.

Totalement indépendant, mon travail d’écriture ne vise ni à l’exhaustivité ni à l’objectivité. Elle découle de choix librement assumés. Celui de parler ou non d’un artiste au travers d’un événement en est un. Celui d’afficher ouvertement ma subjectivité, en dévoilant la nature même de l’émotion éprouvée devant telle œuvre, en est une autre. Celui aussi, propre au genre littéraire qu’est l’essai, de laisser ma pensée vagabonder librement « par sauts et gambades », pour reprendre des termes employés par MONTAIGNE.

Quels sont les principes qui guident mon écriture ? Je dirai d’abord que mon approche procède de la réception d’une œuvre et des résonnances, toujours personnelles, que celle-ci fait naître.  Que cette approche procède par questionnements, par hypothèses successives. Par le biais de ma réflexion critique, je postule à la co-réalisation d’une œuvre qui échappe de fait à son créateur. Je fais le défi de lui donner sens. Non pas en révélant son sens, mais en lui donnant un sens possible parmi d’autres, un sens qui sera le résultat d’une construction. Et dans lequel le contexte (spatial, temporel ou même la mise en scène choisie) joue lui aussi un rôle.

J’ajouterai enfin que vouloir définir les caractéristiques de pratiques artistiques que l’on pourrait qualifier de guadeloupéennes ou de caribéennes ne saurait se réduire, sans tomber dans des stéréotypes, à l’illustration d’un certain nombre de thèmes.  C’est en cherchant à atteindre la singularité de chaque artiste que l’on peut au contraire espérer percevoir une façon d’être au monde qui appartiendrait en propre à ces artistes.       

La posture de critique d’art qui est la mienne ne saurait donc se confondre avec celle du journaliste, ni avec celle de l’historien d’art ou même avec celle d’un théoricien. Mon écriture ne rend pas, non plus, compte des propos que l’artiste pourrait lui-même tenir sur sa création. Elle peut l’éclairer parfois, elle peut aussi le surprendre, voire même le dérouter, suscitant à son tour de nouveaux questionnements. Et en ce sens, il s’agit bien pour le critique d’établir un dialogue avec l’artiste. Un dialogue entre la création et sa réception –plurielle si possible-, puis entre cette réception et de nouvelles créations.  Selon une esthétique qui, superposant les strates,  relève du palimpseste. Ou encore du pli, cher à DELEUZE.

Scarlett Jésus, critque d’art

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Discussion

2 réflexions sur “Pour une critique d’art sensible

  1. Le concept du bigidi, Lena Blou
    Le bigidi…plus qu’un déséquilibre permanent ».
    « Lorsque l’on prend le temps d’observer un danseur de Léwòz ( Le léwoz est une soirée culturelle guadeloupéenne faite de chants et de danses exécutées au son des tambours ka ), le rendu de sa danse révèle une complexité fine, subtile, quasiment indicible, dotée en plus d’une très grande profondeur.
    Lors de mes recherches, je me focalisais sur le Bigidi musical et la relation intrinsèque, symbiotique même entre le danseur et le musicien nommé Makè. Chacun est une entité forte où l’un se joue et se déjoue de l’autre. Pourtant une horizontalité relationnelle plane et s’inscrit dans le corps, dans le son, car chacun est libre de sa partition gestuelle et de l’instabilité, frôlant la terre, en suspens de la chute finale

    Publié par www.aica-sc.net | 3 janvier 2013, 13 h 38 min
  2. Le concept du bigidi, Lena Blou
    Le bigidi…plus qu’un déséquilibre permanent ».

    « Lorsque l’on prend le temps d’observer un danseur de Léwòz ( Le léwoz est une soirée culturelle guadeloupéenne faite de chants et de danses exécutées au son des tambours ka ), le rendu de sa danse révèle une complexité fine, subtile, quasiment indicible, dotée en plus d’une très grande profondeur.
    Lors de mes recherches, je me focalisais sur le Bigidi musical et la relation intrinsèque, symbiotique même entre le danseur et le musicien nommé Makè. Chacun est une entité forte où l’un se joue et se déjoue de l’autre. Pourtant une horizontalité relationnelle plane et s’inscrit dans le corps, dans le son, car chacun est libre de sa partition gestuelle et musicale. Tous deux usent de la loi de la déstabilisation par le biais de l’improvisation pour attester de la virtuosité de l’un et de l’autre.

    Publié par www.aica-sc.net | 3 janvier 2013, 14 h 04 min

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