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Ce que dit Steve McQueen

 

Vous connaissez Steve McQueen. C’est le premier réalisateur noir à avoir décroché l’Oscar du Meilleur film en 2014 pour Twelve years of slave. C’est un artiste contemporain couronné par le Turner Prize en 1999. Après de premiers courts métrages remarqués dont Bear (1993 ) et Deadpan ( 1997) , il réalise plusieurs longs métrages Hunger (2008 ) sur  grèves de la faim de 1981 en Irlande du Nord qui obtient la Caméra d’or au festival de Cannes (2008) et le BAFTA Award du meilleur espoir britannique en 2009. Puis Shame (2011), Twelve Years a Slave (2013), Les Veuves (2018).

Il a récemment réalisé pour la BBC One la série Small axe, sélectionnée en compétition officielle à Cannes et dotée du label du Festival de Cannes 2020.

Les cinq épisodes de cette série évoquent les années 60 et 80, racontant des histoires de la communauté noire ou antillaise de Londres, confrontée à l’environnement assez hostile de l’époque.

Les épisodes sont notamment dédiés au mouvement Black Lives Matter et la mort de George Floyd.

En couverture d’Esquire

Steve McQueen est en couverture du célèbre magazine Esquire. Il a conversé à cette occasion, avec le rédacteur en chef d’Esquire, Alex Bilmes et l’auteur de Rainbow Milk, Paul Mendez.

C’est ce que nous révèle un récent article de cette prodigieuse source d’information sur la Caraïbe et sa diaspora, Repeating islands. L’article précise quelques points intéressants de cette  conversation.

A propos de Small axe, Steve McQueen explique son  besoin pressant de raconter ces histoires des années 60 et 70 marquées par la politique raciale au Royaume – Uni  avant que les personnes qui les ont vécues ne disparaissent et insiste sur la nécessité de reconnaître  les conditions dans lesquels les Noirs vivent en2020

A propos de cette année 2020 , McQueen évoque  sa joie de voir des gens défiler pour les manifestations de Black Lives Matter mais cette joie se trouve  conjuguée à la douleur de savoir que c’est la mort d’un homme qui a provoqué ces manifestations.

« Il a donc fallu,  pour que ce mouvement s’installe,  qu’il y ait la mort d’un homme avec un genou sur le cou pendant plus de neuf minutes, une pandémie mondiale, des millions de personnes qui marchaient dans la rue partout dans le monde pour que les gens pensent : hmm peut-être qu’il y a quelque chose qui ne va pas ici ».

L’art est fondamentalement politique

A la question : Vous considérez – vous comme un artiste politique ? McQueen a répondu : « Je ne sais pas qui ne l’est pas vraiment », ajoutant qu’à son avis, il y a peu de choses dans la vie qui n’aient pas d’élément politique. « Tomber amoureux, c’est politique : d’où vient cette personne? Comment est-elle arrivée là? Comment l’a t – on rencontrée? Tout est politique », a-t-il dit. « Il n’y a rien d’innocent. Rien de séparé de l’environnement dans lequel nous vivons, absolument rien. »

Small Axe, la nouvelle série de McQueen pour BBC One, comprend cinq films :  Lovers Rock,  Red, White and Blue,  Education,  Mangrove,  Alex Wheatle . Dans Red, White and Blue , mettant en vedette John Boyega, il aborde la politique raciale au sein de la police et  raconte l’histoire de Leroy Logan, un policier britannique des années 80 que le travail a mis en conflit avec son père jamaïcain à cause de son travail.  « Je savais que je voulais faire quelque chose au sujet de la police », a-t-il dit. « Au sujet de l’idée d’un Noir , non pas de s’intégrer à la police, mais de s’immerger dans une institution pour apporter des changements. »

Un film inspiré par son histoire familiale

Dans Lovers Rock , McQueen se penche sur son propre passé et raconte comment son oncle avait l’habitude de laisser la porte de derrière ouverte pour que sa tante aille assister à des soirées de blues. « Ma grand-mère ne voulait pas laisser ma tante sortir alors elle avait l’habitude de se faufiler de Shepherd’s Bush à Ladbroke Grove pour aller écouter du  blues », a-t-il dit. « C’était des fêtes privées car les Noirs n’étaient pas les bienvenus dans les clubs de Londres. Par conséquent, les gens organisaient des soirées, et les salons se transformeraient en quelque sorte en discothèque. On enlevait les tapis, on casait les canapés dans la chambre d’amis et le salon devenait piste de danse « .
Le film est l’un des moments les plus joyeux de la série, montrant comment « la musique peut guérir » et brossant un tableau de l’évasion que le week-end pourrait offrir après une semaine difficile. « Cette fête dans  Lovers Rock,  dit M. McQueen, a quelque chose de très universel que j’aime. C’est une célébration des sens : le goût, l’odorat, la sensualité, la sexualité, tous les sens sont célébrés, absolument. »

Pourquoi ces histoires doivent être racontées maintenant

«Concernant Small Axe,  l’une des choses les plus importantes, c’est que je voulais raconter ces histoires avant que certaines personnes ne meurent », a déclaré M. McQueen. « Je sais que cela semble morbide, mais les gens meurent sans avoir raconté leurs histoires.  Ce sont d’excellentes histoires britanniques qui risquaient d’être  camouflées sous le tapis. »
Parlant des gens qui avaient inspiré des personnages dans ses films, des gens qui avaient souffert de violence et de préjugés avant son époque, McQueen a dit qu’il voulait « faire quelque chose pour les ceux qui avaient rendu sa vie possible ».

« Ces histoires parlent du passé, mais elles concernent aussi beaucoup le présent, parce qu’elles font aussi écho à ce qui se passe aujourd’hui. »

Plus question de jouer

A propos de la façon dont la culture noire a été détournée sans faire avancer les causes noires, McQueen a dit avec force : « Ce n’est pas la culture britannique noire, c’est la culture britannique, point. Nous avons tout changé, même la façon dont vous vous habillez. Tout. Les modes, les rockers, tout. »

Sur les objectifs de son travail

McQueen a parlé de ce que l’épanouissement créatif signifiait pour lui et de ce qu’il espère accomplir avec son art. « Je ne veux rien casser, mais ce que je veux faire, c’est illuminer et changer les choses, rendre le changement possible », a-t-il dit. « Sans cela, nous, les humains, nous n’avançons pas, nous restons les mêmes, nous tournons en rond et personne ne veut faire cela, tout le monde veut avancer. Il est important de comprendre l’environnement dans lequel on se trouve.

Voir le lien original , Repeating islands

“Let’s Not Play”: 7 Talking Points From Steve McQueen at Esquire Townhouse 2020

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