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Un dernier pour la route ?

Bye-bye  2019.  Pour moi, qui comme Joséphine Baker, ai deux amours, mon pays et la Martinique, l’année a commencé vraiment mal par l’investiture d’un président d’extrême droite  au Brésil….

Pour oublier la suite de gaffes, stupidités et autoritarismes pervers « protagonisés » par le gouvernement de l’extrême bêtise brésilien, rien de tel qu’ un « best of « des expositions que j’ai vues cette année en Martinique, au Brésil et à Paris, plus quelques informations sur l’agenda des artistes martiniquais qui m’intéressent particulièrement.  C’est incomplet et forcément orienté selon mes goûts, donc à compléter si vous le voulez bien en commentaire.

Janvier au Brésil

Début janvier j’étais à Olinda, ville coloniale créée en 1535 sur la pointe Nordeste du Brésil et en quelque sorte « congelée » dans son état des XVII-XIX siècles. Depuis sa rénovation en 2018, le marché Eufrasio Barbosa, un bâtiment du XVII siècle, abrite  le Centre de Culture Populaire. J’y ai visité le Musée du Mamulengo, dédié aux poupées traditionnelles de même nom, parfois à taille surhumaine, d’autres fois bien plus petites, parfois articulées, d’autres fois sous forme de marionnettes. Un pur bonheur pour une passionnée de culture populaire comme moi. Puis l’intéressante exposition  Regards pionniers de travaux d’artistes d’Olinda des années 1960-1970. J’ai aussi découvert le très beau Musée d’art sacré du Pernambouc, installé dans la Camara, une des plus anciennes édifications de la ville (1537). Quelques kilomètres  plus loin, à Recife, j’ai également visité l’institut Brennand, un très  étrange musée,  rempli de copies grossières de chefs d’œuvres brésiliens et internationaux mais comptant aussi une extraordinaire collection d’objets coloniaux, notamment hollandais. J’ai aimé la magnifique exposition Frans Post et le Brésil hollandais, réunissant cartes d’époque, livres de lithogravures  de l’artiste, d’Albert  Eckouht et de Debret, et surtout les œuvres de Frans Post, peintre hollandais décédé en 1680. Ses peintures et dessins sont les premiers paysages connus du Nouveau Monde. Certains furent offerts à Louis XIV en 1679 et ont été prêtés à l’institut par le Louvre. La plupart des tableaux ont été peints pendant le séjour du peintre au Brésil en 1638, d’autres à son retour en Hollande. Tous évoquent la région de Pernambouc, sous domination néerlandaise jusqu’en 1654.

Museu do mamulengo, Olinda, 2019 photo MDS

Vista de Itamaraca, Frans Post, 1637.

A São Paulo, j’ai commencé par visiter l’exposition Raiz Weiwei  (racine Weiwei), qui rassemblait 70 œuvres de l’artiste chinois réparties sur les 8.000 m2 des quatre étages de l’espace Oca. Le bâtiment en forme de demi-sphère conçu par Oscar Niemeyer est au cœur du parc Ibirapuera, le même qui abrite le pavillon biennale de São Paulo, le Musée d’Art Moderne et le Musée Afro Brésil, tous dessinés par Niemeyer. On est frappé par la finesse ironique, désenchantée et sensible des questionnements de l’artiste et par la puissance de l’argent. En lisant sa biographie, on comprend que dès ses premières pièces Ai Wei Wei  a  mobilisé des investissements colossaux en matériaux, collaborations, figurants, etc. On reste songeur devant la puissance d’argent impliquée dans ses créations, au demeurant très critiques vis-à-vis du gouvernement chinois. Une vidéo m’a impressionnée particulièrement : elle montrait le processus de création d’un de ses « Iron trees », moulé en silicone sur un immense pequi-vinagreiro, dans une zone de protection environnementale à Trancoso, Bahia.  L’artiste avait repéré dans la forêt l’arbre aussi haut que la statue de la liberté américaine (31 mètres de hauteur exactement), déjà mort mais toujours débout (vieux de 1200 ans !), et l’a fait mouler par une équipe d’ouvriers chinois et brésiliens. Pour faire le moulage il a créé une sorte de ruche humaine, une mini forêt métallique sous forme d’échafaudages autour du tronc de l’arbre. Au final, depuis  l’importation d’un silicone spécial, capable selon Ai Wei Wei de capter les traces de vent sur le vieux tronc, et venant de Chine par avion, l’équipe de 23 chinois, dont 11 seulement pour le moulage, formé par 768 pièces, jusqu’à la fabrication d’une réplique en fer en Chine pesant 250 tonnes, tout cela  a coûté environ 1 million de dollars…   Je suis sensible à la démesure, mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Penone, à la façon qu’il a de dire tellement plus avec tellement moins de moyens.

le pied de Pequi vieux de 1200 ans entourée d’échafaudages afin d’être moulé en silicone

Puis Rosana Paulino m’a fait visiter son exposition A costura da memoria (la couture de la mémoire) à la Pinacoteca. C’était à la fois une rétrospective et sa première exposition individuelle dans une grande institution brésilienne en  25 ans de carrière.  En cohérence avec son histoire personnelle, Rosana fait ressortir la quasi-totale absence de représentations de la femme noire dans les aspects les plus variés de la vie et de l’histoire brésiliennes, en particulier dans l’histoire des arts visuels. Rosana émerge sur la scène artistique brésilienne au début des années 1990 et s’est distinguée, depuis le début de sa pratique, comme une voix unique de sa génération, en abordant avec acuité les questions sociales, ethniques et de genre. Problèmes inquiétants dans le contexte de la société brésilienne. Son œuvre  traite des situations résultant du racisme structurel et des stigmates laissés par l’esclavage, ainsi que les différents types de violence faites aux femmes noires. Ses installations, gravures, dessins, sculptures, remettent en cause la vision colonialiste de l’histoire qui soutient le mythe, largement partagé au Brésil, de la démocratie raciale brésilienne.

Atlantico vermelho, Rosana Paulino, Pinacoteca, 2019

Ensuite j’ai eu la chance de visiter au Musée d’Art de Sao Paulo (MASP) l’exposition de Sonia Gomes Ainda assim me levanto (Pourtant je me lève), dont le titre fait référence au  poème Still I Rise de la poétise et activiste Maya Angelou (États-Unis, 1928-2014). La poésie évoque une notion de dépassement, renforçant le pouvoir de Sonia Gomes de se réinventer elle-même et son travail. Sonia réalise en cousant et en brodant sur du tissu, des sculptures molles auxquelles elle intègre désormais des branches d’arbres. Des bouts de tissus trouvés au hasard, ou offerts à l’artiste, de différentes couleurs, imprimés et textures sont découpés, reconfigurés et transformés en sculptures. Les textiles, cordes, bois, ustensiles tels que des épingles, des sacs et des bracelets, entre autres objets du quotidien, sont explorés dans une création qui fusionne les pratiques artistiques et artisanales – traditionnelles ou contemporaines.

Sonia Gomes divers sans titre, 2018, série Raiz, exposition Ainda asim eu me levanto, MASP, 2019

Toujours au MASP, Constructions afro-atlantiques réunissait  90 œuvres du peintre, sculpteur et graveur Rubem Valentim (1922-1991). Dès les années 1950, Rubem s’approprie le langage de l’abstraction géométrique pour construire des compositions complexes qui repensent et reconfigurent les symboles, emblèmes et références africaines, notamment à travers des dessins et des diagrammes qui représentent les orishas des religions afro-brésiliennes – comme la double hache de Xango, la flèche d’Oxossi et les tiges d’Ossaim. L’œuvre de Rubem Valentin, qui aurait mérité une plus large diffusion,  a effectué l’une des opérations les plus radicales de l’histoire de l’art brésilien, soumettant le vocabulaire plastique d’origine européenne au vocabulaire afro-brésilien, dans une contribution vraiment unique et puissante, décolonisante et anthropophage.

Rubem Valentim. Construções afro-atlânticas (MASP 2019). Vue d’installation

Une fois au MASP on visite aussi l’exposition quasi-permanente, au dernier étage, avec les œuvres modernes et contemporaines, de la collection ou prêtées par d’autres institutions nationales ou étrangères, montées sur les chevalets en verre et ciment de Lina Bo Bardi. L’élégance, comme la beauté a plusieurs noms. Cette salle, avec  ses chevalets trasparents, et ses persiennes ouvertes en est un.

Vista collection MASP-chevalets en verre et ciment de Lina Bo Bardi, photo eduardo ORTEGA

Et pour finir en ce mois de janvier on pouvait encore voir à la galerie Jacqueline Martins, l’exposition rétrospective de Regina Vater, qui a un travail proche du tropicalisme entre relationnel et conceptuel. Intéressée par le rapport entre la vie, la transcendance et l’art, comme elle le dit elle-même : « Tout type d’art, même inconsciemment, est un processus de contact avec les forces créatrices et régénératrices de l’univers. » Une œuvre riche, iconoclaste, féminine, mystique, engagée, et pour moi, profondément émouvante.

Regina Vater, Para um tempo de guerra 1987. Petits pains, pierres et poème sur le mur

Février aux Etats-Unis

Le 1er février  l’exposition Relational undercurrents : contemporary art of the caribbean archipelago, sous commissariat de Tatiana Flores,  inaugurait une nouvelle étape au Portland Museum of Art (PMA) dans le Maine. Organisée par  le MOLAA elle réunit depuis 2017, 80 artistes de la Caraïbe insulaire, originaires d’Haïti, de Cuba, de Porto Rico, de Curaçao, d’Aruba, de Sint-Maarten et de Saint-Martin , de La Martinique, de la Guadeloupe, de Trinidad, de la Jamaïque, des Bahamas, de la Barbade et de Saint-Vincent. Après Los Angeles et  la Wallach Gallerie de l’université de Colombia, l’exposition arrive au PMA et présente, entre autres,  4 artistes martiniquais : David Gumbs, Ernest Breleur, Jean Luc de Lagarigue et Marc Latamie.


Jean- Luc de Laguarigue
Requiem pour une ile

Février était aussi le dernier mois pour voir à la Hunter East Harlem Gallery  (NY),  l’exposition Dust Specks on the Sea: Contemporary Sculpture from the French Caribbean & Haiti, abordant différents positionnements de la condition postcoloniale dans notre région. Y participaient les martiniquais Julie Bessard, Hervé Beuze Jean-François Boclé Alex Burke Audry Liseron-Monfils, Louisa Marajo et Ricardo Ozier-Lafontaine avec d’autres artistes francophones.

Vue génerale Dust Specks on the Sea, Hunter East Harlem Gallery. 2019, en premier plan oeuvre d Hervé Beuze

Au mois de mars Mathieu Guerard, professeur d’arts plastiques et artiste et Lena-Lou Arnoux, médiatrice, formée en histoire de l’art ont ouvert ensemble un nouveau et très dynamique lieu d’art contemporain à Fort de France : la Coursive. C’est un espace que l’artiste restaurait depuis 3 ans, et pour lequel, en partenariat avec l’association Station culturelle, présidée par  Lena-Lou Arnoux,  il a reçu le soutien de la DAC. Ils ont ainsi pu ouvrir un espace de monstration  et résidence d’artistes à partir de novembre 2018. La première exposition a été inaugurée le 14 mars 2019, avec les trois jeunes artistes sélectionnés pour la première période de résidence : les sœurs Bonnet, Pauline et Mathilde et Paul Ford, tous guadeloupéens. La première exposition, Proliférations, montrait des travaux  très intéressants des sœurs (j’aimais particulièrement l’œuvre  Naufrage) et à l’étage une merveilleuse fresque formée des petits dessins (le travail d’obtention de diplôme de Paul Ford à l’école d’art de Martinique). Au rez-de-chaussée, l’artiste s’est essayé à la couleur. J’aimais moins, mais c’est une direction à explorer. Le vernissage a attiré beaucoup de monde avec une performance en duo qui ne m’a pas vraiment enthousiasmée, même si j’aimais la présence du danseur Laurent Troudart.

Sortie de résidence Fontainehead Miami,

Toujours en mars le Little Haïti Cultural Complex à Miami, accueillait dans le cadre de la deuxième édition du  Festival du Tout Monde, l’exposition  Désir Cannibale avec commissariat de Jean Marc Hunt et  Marie Vickles. C’était  à peu près l’exposition montée par Hunt à la Fondation Clément en 2018, avec en plus la participation de Ricardo Ozier-Lafontaine, de Raymond Médelice et de Glawdys Gambie.  La participation de Glawdys (une des artistes les plus intéressantes de la nouvelle génération martiniquaise) au festival a été précédée par une résidence à la Fountainhead residency.

Vue installation exposition Cannibale desir, festival tout monde Little haïti cultural center

Avril en Martinique, Lille et Paris

Le mois d’avril était marqué par une grande exposition à la Fondation Clément.  La commissaire Dominique Brebion, présentait divers artistes-peintres martiniquais ou vivant ou ayant vécu en Martinique, notamment ceux qui travailleraient en recherche sur le médium, les supports, les matières, la présentation… L’exposition Pictural réunissait 35 artistes aux travaux, qualités, carrières et questionnements très disparates. Il ne s’agissait pas d’établir une histoire de l’art martiniquaise (la plupart des artistes étaient des artistes vivants), ni un état des lieux de l’art pictural actuel non plus. D’ailleurs, si tel était le cas, on aurait pu pointer quelques oublis; par exemple, puisqu’il s’agissait de questionner les limites de la peinture, on aurait pu montrer des œuvres de la série des cartes d’Hervé Beuze, ou encore des travaux de David Gumbs.  Parce que j’aime faire des listes, voici la liste de mes 10 œuvres préférées : Udu 2,série Céramique de Ricardo Ozier-Lafontaine, Le repentir de Gilles de Rais de Raymond Medelice, Constellation du Lotus de Thierry Jarrin, El bosque de Luz Severino, Lumina Sophie dite Surprise de Christian Bertin, Chirurgie d’une jeune fille qui rêve d’avoir un chapeau à plumes d’Ernest Breleur, Échafaudage baroque de Louisa Marajo, n’importe quel dessin de Julie Bessard, Territoire d’Habdaphaï et la grande fresque métallisée de Wolfric.

Ricardo Ozier-lafontaine, sans titre, 2019

C’est en avril également que David Gumbs a participé, à l’invitation de la commissaire Dorothée Dupuis, à La Déesse verte, exposition labellisée Lille3000, visant à sensibiliser le public sur la fragilité de la planète. Lille3000 est l’association créée pour préparer et assurer la suite de Lille capitale européenne de la culture en 2004, et qui gère depuis un certain nombre d’équipements culturels et organise tous les 3 ans une série d’événements culturels  pouvant durer plusieurs mois. L’exposition se présentait comme une sorte de balade, et David Gumbs avait conçu un tunnel-installation où défilaient des images de végétation luxuriante, avec des capteurs au sol qui modifiaient les projections en fonction des pas des visiteurs.

David Gumbs, vue d’installation intéractive, exposition La déesse verte, Gare Saint Saveur, Lille,

Ce même mois à Paris, j’ai visité l’exposition Le Modèle Noir de Géricault à Matisse (que l’on peut voir en ce moment au Macte en Guadeloupe) au Musée d’Orsay et dont j’en ai parlé dans un autre papier que l’on peut consulter ici.J’ai été aussi à la foire Art Paris, puis au Centre Pompidou où j’ai visité longuement et avec beaucoup de plaisir l’exposition La Fabrique du Vivant, dans le cadre de la 3ème édition de Mutations/créations (un partenariat entre le centre Pompidou, le Musée National d’Art Moderne et le Ircam). L’exposition présentait des œuvres récentes de 50 créateurs,  entre plasticiens, designers, architectes et laboratoires scientifiques. Le but était de retracer une archéologie du vivant et de la vie artificielle dans la création artistique actuelle. Une beauté et un sujet pour plusieurs articles entiers. Dans le même cadre, dans une salle à part,  une très intéressante et sensuelle exposition de l’artiste brésilienne Ericka Verzutti, dont l’œuvre tourne autour du vivant.

cycle-mutations-creations-3-la-fabrique-du-vivant-centre-pompidou-paris-2019

A la Fondation Cartier j’ai consacré toute une après-midi à l’exposition Les Métamorphoses,  réunissant 21 artistes de 16 pays du continent européen nés entre 1980 et 1994.  J’ai pensé à l’exposition Désir cannibale pour laquelle Jean Marc Hunt avait réuni des jeunes artistes guadeloupéens à la Fondation Clément. En effet, Métamorphoses révèle un intérêt poignant pour les questions identitaires, les traditions populaires, les savoirs traditionnels, tout en les mixant selon les enjeux du présent. Ce qui était également le cas de la plupart des œuvres qu’on a pu voir à Désir cannibale. Les jeunes artistes des deux côtés de l’atlantique semblent s’appliquer à recycler, à relire l’histoire, à réexaminer les identités à la lumière d’hybridations activement recherchées. On dirait que les jeunes usent  la même méthode sur des substrats différents, et selon des enjeux qui ne sont pas exactement les mêmes ou auxquels on donne des poids différents selon le coté de l’atlantique où l’on se place. Et c’est là un sujet intéressant à discuter.

.Kris Lemsalu (Tallinn) exposition Les Metamorphoses, Fondation Cartier, 2019

Enfin au Palais de Tokyo j’ai découvert Julien Creuset, une exposition qui se voulait et était une sorte de fouillis où l’artiste raconte ses histoires, plutôt ses petits bouts d’histoires  avec différents points de vue, tournant autour des sculptures, colorées par les lumières froides des leds, transparentes au point de brouiller les espaces, parsemés de bancs qui ramènent pour l’artiste des souvenirs d’explosions de bombes, d’étraves de bateau,  toute sorte de télescopages et entremêlements. Et de la poésie. Beaucoup de poésie. J’ai beaucoup beaucoup aimé.

Julien_creuzet_vue d’installation_palais_de_Tokyo

Mai à Fort de France

Habiter l’espace, le joli titre de l’exposition d’Alain Josephine à l’Atrium évoquait des  réminiscences d’un espace rural, habité par la mémoire. J’aime ses paysages abstraits, sa façon de rendre les marécages et des fonds couverts de fleurs, la violence du vent et de la pluie, la fugacité d’un courir d’eau sur des galets dans la rivière. Ici, j’ai surtout et beaucoup aimé les tout petits formats, où, malgré l’abstraction totale, chacun semblait raconter sa petite histoire, invitant à un univers miniature et néanmoins complet.

Alain-Joséphine- Habiter l’espace Tropiques-Atrium 2019

A la galerie Arsenec se tenait Parades de Nicolas Derné. Un regard singulier sur le carnaval de différents territoires caribéens. Des  clichés généralement épurés, dépouillés de la couleur, mais aussi des effets de foule, pour saisir des corps, qui d’un territoire à un autre, répètent de postures  mythologiques, tant et si bien qu’elles semblent universelles. J’ai pensé de suite aux figures du carnaval du photographe carioca Rogerio Reis à  cause du noir et blanc, de l’inusité des poses, du coté ritualistique, de l’investissement humain, de la distance, de la vérité de la transe parfois (et ici on pense à Guy Veloso). Plusieurs de ces photos auraient pu figurer dans n’importe quelle exposition internationale. Je pense à  particulièrement à Rebirth de 2014 qui tend vers l’abstraction et aussi à la photo des deux gamins, le corps recouvert de gros sirop, traînant derrière eux leurs longs fouets, leur maintien révélant un complet abandon de soi.

Nicolas Derné Parades, salle Arsennec, tropiques Atrium 2019

Deuxième exposition de la Coursive, Florescence de Glawdys Gambie, reprend entre autres, le travail commencé en résidence à Miami. Gladys est diplômée du Campus Caraibéen des Arts de la Martinique depuis  2014. Elle a beaucoup œuvré en médiation et depuis 2017 une série de monstrations et résidences lui ont permis d’affirmer son propos : l’exposition personnelle Pwézi kô (Poésie du corps) au Centro provinvial de artes plasticas de Santiago de Cuba (2017), une résidence des Ateliers Médecis  «Création en cours» en Guadeloupe, suivie de  la résidence Caribbean Linked V à Aruba (2018), puis de la résidence à Fountainhead en mars 2019. Son travail tourne autour de  la condition féminine, qu’elle aborde par le dessin et la sculpture, transcrivant  la féminité par le paysage, insistant dans la prolifération, nous conduisant entre les formes abstraites à force de répétition, comme dans un rêve. Conjuguant la sensualité au féminin, avec la violente délicatesse des épines qui se multiplient sur ses œuvres.

Glawdys Gambie portrait with B.nda, exposition Florescence, La Coursive, 2019

Juin en Martinique et aux Etats-Unis

Au mois de juin  Ricardo Ozier-Lafontaine a dévoilé à l’espace Le vin, l’art et vous, la bouteille qu’il a dessinée pour la marque de whisky AIKAN. Autour de la bouteille dessinée pour la marque, on trouvait une installation de bouteilles d’artiste et des œuvres liées à l’exposition RESET, présentée en 2018 à la Fondation Clément. De plus, l’artiste a fait une performance action-painting pendant laquelle il a peint un tonneau en bois qui a été vendu aux enchères.

Ricardo Ozier-Lafontaine, bouteille whisky Aikan et installation bouteilles d’artiste

Toujours en juin, David Gumbs a présenté l’installation digital interactive, Blossoms dans le cadre de  Currents new media, à Santa Fé.  Ce même mois l’artiste était présenté, en compagnie de Jean Luc de Lagarigue, Ernest Breleur et Marc Latamie, au Delaware Art Museum qui accueillait une nouvelle étape de l’exposition itinérante Relationnel Undercurrents.

.DavidGumbs_XingWang_blossoms

C’était tout au premier semestre mais ce n’est pas fini …. A suivre

Matilde dos Santos

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