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HISTOIRE ET INFINI: The Carifesta XIII Masters Exhibition

 

The Carifesta XIII Masters Exhibition: HISTOIRE ET INFINI a réuni six artistes  sélectionnés par le curator Therese Hadchity, membre de l’Aica Caraïbe du sud, dans deux espaces d’exposition de Barbade, la Grande Salle de la  Synagogue Nidhe Israel  et Queens Park Gallery,  lors de la récente Carifesta,  du 20 au 27 Août 2017,

 Les plasticiens sélectionnés sont Joscelyn Gardner (Barbade), Breleur (Martinique), Nick Whittle (Barbade), Stanley Greaves (Guyana) ,  Ras Ishi Butcher (Barbade), Petrona Morrison (Jamaïque)

 L’Aica Caraïbe du Sud vous propose une présentation partielle de l’argumentaire du commisaire.

Traduction Suzanne Lampla.

 

Vue générale
©William Cummins

HISTOIRE ET INFINI: The Carifesta XIII Masters Exhibition

Chaque nation caribéenne a son propre collectif d’artistes, accomplis et influents. Ils ont derrière eux des créations qui sont, non seulement exécutées avec habileté, avec un objectif et une direction, mais qui se revisitent inlassablement. En sélectionnant quelques-uns parmi ces artistes, le Carifesta Masters Exhibition ne cherche pas à établir une hiérarchie professionnelle exclusive, mais à utiliser –ou activer – les œuvres de certains pour mettre en avant les quelques thèmes et questionnements qui ont interpellé plusieurs artistes de la région, et ce dans les dernières décennies. Il va de soi que plusieurs autres artistes – et espérons-le futurs sélectionnés- méritent une pareille célébration et un tel engagement. Comme beaucoup d’artistes de leur(s) génération(s), les six participants à cette exposition peuvent être considérés comme des défenseurs dévoués de l’histoire et des problématiques spécifiques de la Caraïbe. Bien que leur démarche au départ ait pu être l’expérience individuelle, la base générale de ces pratiques a été de se concentrer sur des questions d’importance collective. Bien que cet aspect particulier les rende compatibles avec l’esprit de Carifesta, il fait de même de ces artistes des investisseurs dans cet échange autour des origines, de l’histoire et culturellement, de l’affirmation de soi, de l’intégration régionale, et d’une dynamique globale; avec, en arrière-pensée, les conventions, parti-pris et autres silences qui ont saturé l’historiographie caribéenne non sans affecter la quête d’une identité culturelle distincte. Cette exposition vise à insister sur le caractère unique de chaque pratique, et en même temps, de placer celle-ci librement dans le ‘champ’ d’approches et de postures contemporaines tout autour.

Joscelyn Gardner (Barbados/Canada)
omi ebora (ode to Zong!)
Video and sound installation (2014)
©William Cummins

 Ce ne serait pas extrapoler que d’avancer –même si ce point n’est pas toujours soulevé explicitement- qu’une prise de conscience de ’l’histoire’ envahit entièrement l’art caribéen. Alors qu’il s’établit un consensus relatif quant à la nature de cette histoire, il y a cependant des positions très divergentes s’agissant des leçons à tirer. Cette exposition aspire donc à créer une sélection de travaux, indiquant des nodules différents sur le plan hypothétique entre la perception de ‘l’histoire’ et ‘l’infini’ (ce dernier terme pouvant être compris comme une référence générale à ‘l’irrationnel’ – allant du spirituel à l’incompréhensible, illimité ou indomptable) ; le facteur déterminant d’une existence caribéenne. Ces deux  ‘poles’ ayant de nombreux adeptes, la préférence dans la critique culturelle caribéenne dans les deux dernière décennies a été davantage vers une transition de l’un à l’autre, ou encore d’une orientation ‘verticale’ (ancestrale, territoriale ou dialectique)  vers une orientation ‘horizontale’ (diasporique, déterritorialisée, rhizomique).

Les termes ‘Histoire’ et ‘Infini’ peuvent ainsi être compris comme un ensemble de ‘champs magnétiques’ dans lequel les artistes caribéens se trouvent attirés, toutefois par des moyens subtils, complexes ou uniques, qui peuvent selon l’occasion se soutenir ou se tourmenter  l’un l’autre.Les postures étudiées sommairement dans le commentaire qui suit ne sauraient être vues comme antagonistes, mais comme composites et relationnelles. Ce qui n’implique nullement qu’on puisse aisément dégager des positions plus fondamentales sur cette base ; cependant considérer ces facteurs se révèle indispensable si on essaie de  définir une ‘vision du monde’ à partir de ces œuvres. Qu’une série de créations suggère une telle implication convient cependant à la notion d’artiste-maître.

Ernest Breleur: Reconstitution of a Lost Tribe (Reconstitution d’un Tribu Perdue). Installation (2003) 
©William Cummins

L’approche du  thème de l’histoire et de l’infini par les artistes nous dit quelque chose qui remet en cause  la question ultime de nos possibilités dans ce monde : à quel point l’histoire devrait-elle peser sur nos dispositions individuelles et collectives ; à quel point détermine t’elle ou empiète sur nos existences ; jusqu’où est-elle ouverte à l’interprétation ; décrit-elle un ‘parcours’ spécifique et que nous faut-il faire pour changer ce parcours – et pouvons-nous changer quoi que ce soit simplement suivant notre façon de ‘penser’ ? Quelle que soit la position des artistes exposés sur ce point, celle-ci  tend à être soutenue ou bien compliquée par une perception de l’infini’ (forte ou faible), qui dans cette exposition va de la vision de Nick Whittle d’un cycle de vie éternel, une ‘piste parallèle’ de l’histoire, à la ‘réincarnation’ poétique des morts (ou des malades) d’Ernest Breleur et sa suggestion d’identités et de possibilités éternellement multipliées. Sont aussi incluses la répétition infinie de Ras Ishi, les ‘antithèses’ de l’histoire ; la projection d’un vide infini chez Stanley Greaves et Joscelyn Gardner; un vide qui peut interrompre le cours de l’histoire. Chez Joscelyn Gardner, l’histoire apparaît ainsi comme ‘irrationnelle’, alors que Stanley Greaves projette un conflit entre histoire et irrationnel. Petrona Morrison interroge implicitement à son tour la relation entre histoire et promesse de ‘possibilités infinies’ grâce aux nouvelles technologies.

Ce qui émerge donc est une variété de positions et de négociations entre histoire et infini – entre la perception d’un enchaînement d’actions et de causalités en développement et des appréhensions variées de l’imprévisible, de l’incompréhensible, qu’il soit chaotique ou multidimensionnel, tout cela suggérant une foule de questions subsidiaires sur l’action humaine, comment nous pouvons interpréter et nous positionner dans le monde.

ERnest Breleur in front Selfie by Petrona Morrison
©William Cummins

Bien que le commentaire précédent n’ait fait qu’effleurer la surface de tout ce qui peut être dit de ces artistes et du thème en question (presque sans aborder leur stratégie esthétique), notre espoir est que Carifesta XIII Masters Exhibition identifie un nombre significatif de positions dans la partie la plus représentative du champ contemporain. Espérons également, que cette exposition – bien que représentant en elle-même une tentative de ‘cartographie’ historicisante- soit arrivée à ses fins, non d’une manière fermement ancrée d’un côté de son arche conceptuelle au point d’exclure ou d’ignorer l’autre.

Vue généralre
©William Cummins

 Quoi qu’il en soit, l’investissement des six artistes dans leur discipline sera entièrement récompensé par le regard du public et la découverte d’autres intersections entre les diverses et nombreuses œuvres de l’exposition.

Therese Hadchity, PhD

Juillet 2017.

 

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Discussion

Une réflexion sur “HISTOIRE ET INFINI: The Carifesta XIII Masters Exhibition

  1. Chers collègues de l’Aica Caraîbe Sud Bravo, sincèrement bravo pour les textes publiés. L’abstention de santo Domingo explique, hélas, son absence de Carifesta. Amitiés, Marianne de Tolentino

    Publié par detolentinomarianne | 27 août 2017, 20 h 13 min

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