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Autour de global Caribbean

 

Global Caribbean IV
Exposition collective –quatorze artistes des ANTILLES et de la GUYANE françaises
24 mai au 7 juillet 2013
Habitation Clément, La Cuverie

Eddy Firmin (Ano),  Christian Bertin, Ernest Breleur, Jean-Marc Hunt,Thierry Jarrin, Valérie John , Louis Laouchez, Mirtho Linguet (Mirto), Christophe Mert,  Bruno Pédurand, Luz Severino, Philippe Thomarel, Thierry Tian Sio Po, Laurent Valère

Les quatre expositions Global Caribbean

 Le projet Global Caribbean sous l’égide du programme « Caraïbes en création » de l’Institut Français a été mis en place pour promouvoir l’expression artistique contemporaine caribéenne. Cette exposition a  d’abord été présentée au Little Haïti Cultural Center dans le cadre de la foire internationale Art Basel de Miami du 7 décembre 2012 au 16 février 2013, puis à la Fondation Clément en Martinique du 24 mai 7 juillet 2013
Il comprend quatre expositions :
Global Caribbean I que vous avez pu découvrir à la Fondation Clément l’an dernier
Global Caribbean II consacré aux grandes Antilles
Global Caribbean III, Haïti Royaume de ce monde, présentée au Centre Culturel de Fond Saint Jacques
Et enfin Global Caribbean IV
Le commissaire de Global Caribbean I et IV est Edouard Duval Carrié,  artiste et curator haïtien.

Diversité de l’art contemporain

« L’art contemporain se présente au spectateur comme une somme plus déstructurée que classifiable : multitude de réalisations, de formes, de discours et d’expressions. Il se caractérise aussi par son extrême diversité. »
Paul Ardenne– Définir l’art contemporain in Champs culturels n° spécial 23

Médium et matériau

Medium : A l’origine, ce terme qualifie le liant (liquide servant à détremper ou unir les pigments) utilisé en peinture. Aujourd’hui, son sens s’est élargi à l’ensemble des matériaux utilisé par l’artiste.
« On assiste depuis quelques décennies à l’effondrement du socle matériel des grandes catégories artistiques, au déclin de leur caractérisation à partir d’un matériau unique ou d’un groupe, souvent fixe, de matériaux voisins. Pendant des siècles, les artistes ont en effet été attachés à des agencements stables de formes de pratiques, d’outils et de matériaux, soumis à des règles et contraintes strictes, constitutives de leur identité artistique. Le peintre faisait corps avec un agencement totalement étranger à celui du sculpteur, et les limites étaient infranchissables. Un matériau est toujours plus qu’une matière, c’est aussi un dispositif et des protocoles. Mais il se différencie du médium par le fait d’être inséré dans un processus artistique, d’être travaillé et considéré pour ses potentialités esthétiques propres. On se sert d’un médium pour ses fonctionnalités; on travaille, on transforme, on contourne, ou on s’incorpore un matériau : on l’adopte pour sa matérialité, sa «physicalité», ses singularités  esthétiques.
Le médium est un outil de communication, le matériau est un personnage esthétique. La photographie de famille est un médium, qui se métamorphose en matériau quand un artiste comme Christian Boltanski en fait la matière de ses œuvres. La photo des téléphones portables est, quant à elle, déjà promise à un devenir matériau par les artistes qui s’en emparent. » André Rouillé in Chaos des images, dérive des matériaux de www.paris – art.com

Quels sont les matériaux choisis par les artistes présentés dans cette exposition ?

 Une fois notée, la prédominance des formes verticales dans Global Caribbean en opposition avec des œuvres horizontales bien moins nombreuses, on remarque la diversité des matériaux.
Ainsi Ernest Breleur qui explore le film radiographique son matériau de prédilection depuis 1990. . Sans retracer la complexité de sa démarche, ces quelques repères sont une bonne introduction et une invitation à approfondir.

Ernest Breleur

1992- 1997, c’est la période des sutures. Comme dans un jeu de rôle où il serait chirurgien, sous un ancien scialytique, le plasticien reconstitue un corps à partir de fragments de radiographies diverses. De petits  autocollants blancs font office de sutures.
1994, c’est la première participation d’Ernest Breleur à la Biennale de Sao Paulo, sur la thématique de l’éclatement du cadre. Ses œuvres sont planes, Ce sont des assemblages de radiographies réunies par  les mêmes gommettes blanches comme par des sutures
1997, le plasticien utilise désormais le matériau pour sa dimension plastique (opacité/transparence) plus que pour sa qualité métaphorique (reconstituer un corps n’est plus la priorité). L’utilisation des autocollants  évolue. Ernest Breleur dessine littéralement avec  les gommettes. On distingue deux plans : celui des radiographies(le fond)  et  celui du réseau de gommettes (le dessin)
1998, c’est la seconde participation d’Ernest à la Biennale de Sao Paulo. Il présente une installation complexe, un imposant parallélépipède  composé sur chaque côté  par cinq panneaux d’assemblages radiographiques. Le regard embrasse l’ensemble et plonge au cœur de l’œuvre grâce l’espace central évidé selon une découpe savamment calculée.

1999, le matériau radiographique est désormais découpé, agrafé,  »sculpté », enrichi de photographies de morceaux de corps collées pour créer des formes (anthropomorphiques ?) qui constitue “ une tribu perdue ”.
2003-2008, c’est la période des portraits, Portraits sans visage, Reconstitution de portraits, Portaits inachevés. Juxtaposition de portraits imaginaires crées à partir de  radiographies  découpées, agrafées, collées, enrichies fragments photographiques
2008, les radiographies sont toujours  découpées, superposées, agrafées jusqu’à constituer des corps – carapaces volumineux et massifs où s’ où s’intègrent de plus en plus souvent des rope – lights

Les nouveaux matériaux de l’art contemporain

Donc, l’art contemporain mélange les disciplines artistiques, utilise de nouveaux matériaux des plus rares aux plus banaux  et parfois les plus éphémères et les plus inattendus
Liquides corporels (Andres Serrano comme l’urine ou le sang)
Tas de charbon (Yannis Kounellis)
Animaux vivants (Yannis Kounellis )
Des cheveux, des post – it, des stickers, de la pâte à modeler etc…

Pablo Picasso et l’intégration d’objet réel dans l’œuvre d’art

C’est Pablo Picasso a ouvert la voie à cette utilisation de matériaux manufacturés et quotidiens
Depuis le début du XXème siècle, les artistes ont peu à peu étendu les matériaux qu’ils utilisent pour fabriquer leurs œuvres. Ainsi, il n’est pas rare que des objets, des éléments issus du quotidien soient constitutifs des œuvres d’art.
Picasso, dans Nature morte à la Chaise Cannée (1912, Musée national Picasso, Paris) a collé directement un morceau de toile cirée représentant le motif de la chaise sur sa toile, plutôt que de la peindre. Récupérer des éléments de la vie quotidienne et les intégrer à l’œuvre d’art permet d’ancrer le travail de l’artiste dans la réalité quotidienne. L’objet réel n’a alors plus son sens habituel  mais  permet à l’artiste d’ouvrir la voie à la rêverie ou  la réflexion.
De plus, l’acte de récupérer peut parfois accompagner une démarche éco citoyenne, et soulève des questions liées à la société de surconsommation dans laquelle nous vivons.

Marcel Duchamp et le ready – made

On ne peut pas évoquer la présence de l’objet réel dans l’art sans penser immédiatement à Marcel Duchamp
L’art de Marcel Duchamp marque un véritable tournant pour le XXème siècle. Il est considéré comme un des pères de l’art d’aujourd’hui. En quoi sa démarche artistique est-elle si révolutionnaire pour les années 1912 ?
Il a initié de nouveaux moyens de créer (happening, travestissements, chronophotographie, etc.).
La forme du « ready-made » est une étape décisive pour l’art contemporain (objets manufacturés, pelles, porte-bouteilles, etc.).
Il développe un « anti-art » où la théorie l’emporte sur la pratique. Ainsi, il n’y a plus le souci du beau. Ce qui intéresse davantage Marcel Duchamp, c’est le fond, c’est-à-dire l’idée qui se cache derrière la forme.

Les nouveaux réalistes et l’objet recyclé

Plus tard, dans les années soixante, les Nouveaux Réalistes ont aussi promu cet  art du recyclage, la réhabilitation de l’objet délaissé, usagé, du déchet, formalisant le recours au matériau sans noblesse et dévalué, entérinant ainsi son pouvoir.
Les accumulations d’Arman, un objet usuel (qui peut être une pièce d’automobile lors de sa collaboration avec la régie Renault), est utilisé en multitude dans un assemblage déterminé par la nature de l’objet. Le mouvement, la couleur, et les effets plastiques font partie de ce « nouveau regard sur l’objet ». Arman
L’objet réel  n’est pas détourné, il est utilisé pour travailler un mouvement et devient matériau.

Objet quotidien, déchet et art contemporain

D’autres artistes comme Annette Messager ou Christian Boltanski utilisent aussi l’objet comme matériau

Matériau et objet recyclés dans Global Caribbean IV

Les artistes  de Global Caribbean IV créent à partir de papiers usagés (Valérie John), films radiographiques ( Ernest Breleur), chaussures usagées ( Luz Severino), déchets divers (Christophe Mert).

Comment sont utilisés ces matériaux ?

Dans des assemblages, accumulations, installations.

Valérie John préfère utiliser les termes Dépaysement – rapiècement plutôt que recyclage  et assemblage.

 

Comment différencier assemblages et installations ?

L’assemblage, même d’une certaine épaisseur, reste essentiellement une œuvre en deux dimensions à laquelle le spectateur fait face alors qu’il peut tourner autour de l’installation ou déambuler en son sein.

Chiklet d’Ano ou l’inconfort de la zone de confort

Le fauteuil moelleux, rose, mais posé de travers et en train de « fondre »
Avec cette installation, Ano questionne le contexte d’émergence de la création dans les Départements d’Outre – mer ainsi que le positionnement de l’artiste caribéen  au sein du contexte artistique international. Le fauteuil d’Ano, lové dans un environnement molletonné mais posé de guingois,  est une métaphore de son inconfort dans l’acte de création en raison de l’histoire de l’art émergeante et de la  tradition plastique non affirmée de sa région (2).
Cette installation fait référence à un entretien entre Simon Njami, écrivain, commissaire indépendant, fondateur de Revue Noire  et Joscelyn Valton, critique d’art de Guadeloupe. Cet  entretien a été  publié dans le catalogue de l’exposition Who are more sci – fi than us,  présentée en 2012 au  Kunsthal KAdE  aux Pays – Bas évoque plutôt les Antilles comme une zone de confort qui freinerait la création :
« Il manque certes de tout sur les îles, mais il existe tout de même des embryons de structures, des guichets à subventions, de petits moyens de s’en sortir localement, qui évitent de se confronter à un monde plus vaste. C’est cela que j’appelle la « comfort zone ». Cette espèce d’immobilisme qui conduit à tout accepter et à devenir fataliste. Dans les endroits où il n’y a vraiment rien, c’est marche ou crève. Et les artistes qui ne bénéficient pas du quart de la moitié du millième de ce qui existe sur les îles françaises sont contraints de trouver les moyens de s’en sortir seuls. Parfois le désert total vaut mieux, pour l’énergie, qu’un semblant de quelque chose » Simon Njami
« Cette pièce, dit mon inconfort à créer dans ce que Simon Njami appelle une « confort zone ». Bref c’est une pièce chewing-gum qui veut donner à repenser la vie en rose dans nos îles « paradis ». Vie synonyme de luxe, de repos, de vacance…très loin d’une humanité » Ano

Accumulations

Les accumulations déjà très présentes dans Global Caribbean I

Bruno Pédurand,  les enfants du Père Labat

La base est un miroir de deux mètres  de diamètre. Sur ce miroir, il y a 120 têtes en plâtre. Ce sont des têtes moulées à partir d’une tête de baigneur en celluloïd (donc ce ne sont pas des  objets  recyclés)
Il y a les 54 drapeaux des pays du continent africain.
Je veux, dit Bruno Pédurand,  au travers d’un objet qui fait référence de façon quasi universelle à l’enfance, évoquer la genèse des sociétés coloniales. On dit dans le vaudou haïtien que les Loas représentent les Nations africaines mais le mot nation dans ce contexte ne renvoie pas au concept d’état-nation tel que le conçoit l’occident mais plutôt aux  ancêtres africains. Le titre fait référence de manière grinçante à un homme illustre dans les colonies Le Père Labat et plus particulièrement à ses fameuses campagnes anti superstitieuses qui avaient pour objectif avoué de faire disparaitre tous les objets et toutes les pratiques importés d’Afrique. Dans beaucoup de pays de l’Afrique de l’ouest le blanc est la marque du deuil et on peut voir ses petites têtes blanches comme autant d’évocations (voire d’invocation) des ancêtres africains irrémédiablement disparus. Je pourrais paraphraser Bob Marley qui dans une de ses chansons parle de brain wash éducation. Je travaille sur les possibles qu’autorise le
sentiment de perte.

L’accumulation dans l’art contemporain partout dans le monde

El Anatsui (Afrique)
Le recyclage comme l’accumulation  est l’un des thèmes favoris de l’artiste international El Anatsui, originaire du Ghana.
Dans la série des grands tissus à laquelle appartient l’œuvre monumentale Sasa, l’artiste utilise des capsules de bouteilles aplaties, soigneusement assemblées avec des fils de cuivre.
L’emploi de capsules de bouteilles d’alcool importées par les Européens est une façon de parler des relations complexes entre l’Afrique et les pays colonisateurs.
Entièrement réalisée avec des matériaux de rebut soigneusement assemblés avec des fils de cuivre, cette œuvre monumentale tient à la fois du tissage, du vêtement, de la peinture et de la sculpture.
L’artiste a su tirer parti de ces matériaux pauvres pour rendre ce tissu, avec ses chatoiements, ses brillances et sa composition picturale, semblable à une tapisserie ou à un manteau de roi.
Ce somptueux “ manteau ” fait partie de la collection permanente d’œuvres contemporaines du Centre Pompidou.
El Anatsui a représenté le Nigeria à la Biennale de Venise en 1990, révélant ainsi un art contemporain africain fait de modernité et de tradition.
C’est un geste plastique que l’on retrouve aussi dans les pratiques traditionnelles de l’Afrique historique.
Nari Ward (Caraïbe USA)
Nari Ward, un artiste jamaïcain qui vit à New – York
Amazing grâce, rassemble plus de 365 poussettes récupérées par Nari Ward dans les rues de Harlem avec diffusée la voix de Mahalia Jackson chantant l’une des hymnes chrétiennes les plus connues, Amazing  grâce.
Ai Wei Wei ( Chine)
Cette œuvre de la collection Cisneros créée par l’artiste chinois Wei Wei a été exposée lors de la dernière Biennale de Cuba
Brian Jungen, (Canada)
Né le 29 avril 1970 à Fort St. John, Brian Jungen est un artiste canadien domicilié à Vancouver. Il est membre de la tribu amérindienne Dunne-za.
Exposé en 2009 par le FRAC Pays de Loire, il   réalise une carapace de tortue à partir de près de 300 containers, Brian Jungen fait resurgir un mythe millénaire qui traverse toutes les civilisations. La tortue, animal existant, depuis plus de 250 millions d’années, est omniprésent dans de nombreuses cultures.
Forme monumentale et véritable habitat, “ Carapace ” révèle l’intérêt de Brian Jungen pour les questions relatives à l’architecture et à la construction.
Cette carapace peut tout à la fois évoquer l’igloo, le tumulus, et même avec l’ouverture centrale et zénithale, le tipi. L’artiste évoque aussi le temple archaïque, simple abri assez rudimentaire dans sa construction, mais à forte dimension symbolique. Brian Jungen a aménagé un espace intérieur, assez vaste pour qu’on puisse s’y aventurer.
L’oeuvre dépasse donc la notion stricte de sculpture puisqu’elle offre à la fois un espace intérieur et un contour extérieur. Son geste de sculpteur privilégie souvent la répétition d’un geste, l’assemblage, l’accumulation et l’empilement (on peut penser aux constructions totémiques). L’artiste dévoile la structure, ne cache rien, les rouages sont apparents.
Et pour la distanciation et l’humour, ses totems
Ses sculptures hybrides jouent avec les stéréotypes occidentaux sur la civilisation indienne, mais en même temps, contiennent l’héritage de cette culture

Tian SioPo : Peinture ou assemblage ?

Contraintes corporelles n°1(2006)

Des matériaux divers sont intégrés à la toile
« Ce travail élabore son idée à partir d’une photographie carte-postale d’époque, montrant un groupe de guyanaises en tenue traditionnelle créole.
Le trouble fort, provoqué par cette image, appelait une nécessité, celle de dire une absurdité, un décalage surréel. La sensation immédiate de contraintes pour le moins corporelles, subies par ces femmes alignées sous des strates épaisses de vêtements et sous les caractères d’un climat équatorial, évoqué par ce jaune vif et cette végétation qui entourent la dame choisie du groupe, exigeait un contrepoint sur la désinvolture et la décontraction, plus équilibrante sous ces latitudes.
Une mise à l’index donc, d’attributs tortionnaires complètements acceptés, même sous une autre forme encore aujourd’hui ». Thierry Tian Sio po

Sculpture

L’aspect de ces totems de Louis Laouchez évoque à l’évidence  le monde amérindien mais dans l’allusion, la réminiscence, la suggestion. L’artiste utilise la technique de la taille, c’est à dire qu’il ôte de la substance pour créer ses formes. Certains éléments sont adjoints par assemblage

Les portraits photographiques de Mirtho Linguet

Les œuvres photographiques de Mirtho Linguet permettent d’aborder la problématique du portrait photographique contemporain
Mirtho Longuet cherche la rupture délibérée avec l’image lisse  diffusée dans la publicité : Le cadrage serré renforce l’expressivité et transforme le visage en paysage.
« Ma photographie interroge l’individu dans son rôle dans la société en tant que facteur de richesse culturelle. Je m’intéresse à l’humain, à son histoire et à son territoire. Le réel demeure ma source d’inspiration » Mirtho Longuet
Dès les premières décennies de son histoire, la photographie explore déjà pour ainsi dire la totalité des sous-genres du portrait que nous pratiquons encore actuellement : des portraits officiels ou de célébrités artistiques ou intellectuelles, le portrait social, le portrait documentaire, le portrait « scientifique », le portrait familial – et notamment le portrait de mariage et les portraits d’enfants -, l’autoportrait, le portrait de groupe, le portrait historisant, le portrait fictif… L’évolution ultérieure ne fera que reconduire cette place importante du portrait : il sera de tout temps un des usages sociaux majeurs de la photographie.
Pour ce qui concerne le Projet Alchimie de Mirtho Longuet  il part d’une réflexion sur la notion et la définition de l’identité avant tout, et aussi en substance parle de l’individu et de l’idée du groupe. Le tout et la partie.
Pour ce qui est des portraits il y en a quatre  et en voici les noms:
1 La femme au chapeau SODIUM
2 L’homme au locks XENON
3 Le jeune homme aux longs cils LITHIUM
4 Le vieil homme aux lunettes TUNGSTÈNE
« J’ai  volontairement renommé ces portraits avec des noms d’éléments chimiques afin de créer une distance,  et ainsi créer  une sorte de trouble sur l’idée que contient le drame de l’identité,  voir comment celle-ci peut mener à des  tragédies parfois volontaires parfois involontaires.
Les noms n’ont pas de véritable importance c’est ce qu’ils induisent qui en a , le trouble qu’ils créent et tout ce qu’ils génèrent. Ce ne sont que des prétextes pour justifier mon propos sur le tragique, l’absurde, de ce que l’identité comme définition peut provoquer en nous.
Il y aussi cette question de l’équilibre entre les éléments car lorsqu’un élément, aussi infime soit- il,  devient déficient,  c’est tout l’ensemble de l’organisme qui en subit les conséquences. C’est l’individu qui compte et prime sur l’idée du groupe car son action à elle seule peut tout remettre en cause
La référence que j’ai utilisée pour ce titre  » ALCHIMIE »  est influencée  par un  livre de Primo Levi ( le système périodique ) qui comme moi a renommé des personnages rencontrés sur un camp de concentration, pas pour les mêmes raisons que moi mais l’idée demeure. Quelle relation entre le mot,  la chose et la définition que nous en avons et en donnons ? » Mirtho Linguet

En guise de conclusion, ces deux citations :

Une oeuvre d’art contemporaine est une sorte de centaure  mi-matériaux / mi-mots; sans les mots, les matériaux n’accéderaient pas au statut d’œuvre, selon un critique d’art
La beauté seule ne compte pas. Elle a à voir avec le sens dit El Anuatsi

 

Power point & commentaire  : Dominique Brebion, pour la soirée- rencontre de la Fondation Clément du 12 juin 2013

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