Mémoire d’un quartier
Entre mémoire et brûlure, ce texte croise deux regards : le mien, fils de Carrefour-Feuilles parti depuis plus de vingt ans, et celui de Jean-Ménard Derenoncourt, peintre et restaurateur contraint, lui aussi, à l’exil intérieur. Tous deux, nous portons au cœur ce quartier accroché aux flancs du morne l’Hôpital. Jadis foyer incandescent de création, aujourd’hui blessé par la violence. De cette rencontre naît un récit où se mêlent transmission, perte et fidélité.
Jean-Ménard Derenoncourt (1) compte parmi ces peintres qui ont longtemps vécu à Carrefour-Feuilles, ce quartier accroché aux contreforts du morne l’Hôpital, au sud de Port-au-Prince. Aujourd’hui meurtri par la gangstérisation tentaculaire de la capitale, le quartier traverse l’une des périodes les plus douloureuses de son histoire. Comme tant d’artistes issus de ce haut lieu symbolique et patrimonial, il a vu s’effondrer un espace qui incarnait une âme, un souffle, une mémoire vivante. Tout ce que la violence des bandes armées s’acharne à effacer, comme pour en abolir jusqu’à la trace.

Natif de Carrefour-Feuilles, quartier que j’ai quitté il y a plus de deux décennies, je suis allé rencontrer l’enseignant de l’École nationale des arts (ENARTS), aujourd’hui installé à Haut-Turgeau. En août 2023, des bandits ont incendié l’église du pasteur Jean Élie Valentin, située rue Timoléon. L’atelier de l’artiste occupait le rez-de-chaussée du temple. Quelques-uns de ses tableaux ont pu être sauvés grâce à l’intervention de bons samaritains.
Carrefour-Feuilles, pépinière de talents, terre de transmission
Ce qui faisait la force de Carrefour-Feuilles, autant que je m’en souvienne, c’était la générosité de ses artistes : Préfète Duffaut (2), Ludovic Booz (3), Casimir Joseph (4), la famille St-Éloi. À Lakou Tamaren, chez Idoksy Paret, rue Sicot, se retrouvait toute une kyrielle de sambas : Louis Lesly Marcelin (Samba Zao) et ses frères, Eddy François de Boukan Ginen, ainsi que de nombreux artistes de Foula. C’est là aussi que j’ai rencontré Ronald Derenoncourt, alias Aboudja, découvreur de talents dans les années 1980. Celui qui deviendra plus tard houngan se rendait à Soukri, nan Souvenans, accompagné d’une véritable colonie d’artistes en quête de sonorités nouvelles. Chez Idoksy défilaient encore Théodore Beaubrun et toute la fratrie de Boukman Eksperyans, jusqu’à Jean-Robert Jean-Louis et sa troupe Les Colibris.
D’autres chemins menaient aux ateliers d’écriture de Gary Victor, Pierre Clitandre, Marc Exavier, ou encore de l’équipe de Classe Magazine, que je dirigeais à l’époque. Parmi les périodiques du quartier, on trouvait également Colibri Info, En Route, Carrefour-Feuilles Actuel. Le Foyer Éveil, sur la route des Dalles, attirait de nombreux jeunes. Autant d’espaces qui ouvraient des champs de débat et de réflexion : un véritable bouillon de culture où tous les univers se croisaient, offrant à chacun une place et une voix.
Derenoncourt est une mémoire vivante de ce lieu. Si je ne suis pas devenu peintre, ce n’est pas faute d’avoir fréquenté son atelier. En 1993, j’écrivais dans Colibri Info : « Si vous êtes au marché Tunnel et que vous lancez une pierre, si elle ne tombe pas sur la tête d’un peintre, c’est que vous n’êtes pas à Carrefour-Feuilles. »

J’ai longtemps été bercé par les volumes empilés dans son atelier. Il me les mettait à disposition, et je les dévorais un à un. Toute cette littérature a fini par aiguiser ma sensibilité artistique et nourrir mon regard sur le monde.
Pour raviver ce morceau d’histoire, marqué par une transmission intergénérationnelle généreuse des savoirs et des savoir-faire, je voulais retourner vers un symbole vivant de cette tradition. Je suis allé le voir chez lui.
J’ai toujours cru que Derenoncourt était né à la rue Amiral, à Carrefour-Feuilles. Ce samedi matin de février, il m’a corrigé : « Je suis né en 1958, à quelques pas de là, rue Cameau, au Bas-Peu-de-Chose, et je suis arrivé dans ce quartier à l’âge de six ans. »
Après le séisme du 12 janvier 2010, qui a détruit sa maison familiale et emporté sa mère, sa sœur et l’une de ses servantes, il a quitté la rue Amiral. Son atelier, lui, est resté debout, à quelques encablures des ruines.
À Turgeau, le vaste rez-de-chaussée où il m’accueille fait office de salle d’attente, d’atelier et de galerie. Une trentaine de tableaux, de toutes dimensions, sont empilés le long d’un mur. Il m’invite à m’asseoir sur un large canapé. Je pose mon magnétophone pour ne rien perdre de notre conversation. Il me sert une cafetière fumante et une tasse : l’arôme du café envahit aussitôt l’espace.
Nous évoquons la disparition de son atelier à la rue Timoléon, mais ce qui l’a le plus attristé, c’est l’incendie de la maison de Lionel St-Éloi (5), à l’impasse St-Éloi, non loin des rues Timoléon et Saieh.
Un voile de tristesse traverse son visage. « Quand Zikiki m’a dit que les bandits avaient brûlé l’atelier de son père et pillé la maison familiale, j’ai immédiatement imaginé la perte de ce patrimoine », confie-t-il.
Une dynastie de créateurs fauchée
Évoquer les St-Éloi, c’est feuilleter un véritable livre d’histoire sur la transmission du savoir à Carrefour-Feuilles. Ce n’était pas seulement Lionel : toute la famille participait activement, sa femme et ses enfants compris. C’était un univers à part entière : musique, danse, peinture, sculpture, théâtre. Chacun pratiquait un art, chacun exerçait un métier artistique.

Shiler était professeur de dessin et de peinture. Duckyns, alias Zikiki, et sa femme enseignaient la musique. Zikiki, membre du groupe Yzra’El, est le filleul de Samba Zao.
Chez les St-Éloi, où je me rendais pour des entretiens, les jeunes s’adonnaient à l’art de la récupération. La sculpture réalisée à partir de matériaux recyclés tenait une place centrale : bouts de fer, casseroles, cuillères, ferrailles, pièces usagées… Tout se transformait en matériau de création.
Mes souvenirs poussent Derenoncourt à remonter plus loin : « J’ai rencontré St-Éloi en 1982. C’était un touche-à-tout : céramique, peinture, sculpture, récupération. Il jouait plusieurs instruments. Tambour, flûte, saxophone, harmonica. Formé à Poto Mitan, il passera par le Centre d’Art. C’est un artiste qui se réinventait sans cesse. »
Pour ma part, me revient à l’esprit une toile saisissante de Shiler qui me frappait à chaque visite dans le salon des St-Éloi. Derenoncourt cherche en vain la photo de cette œuvre sur son téléphone.
Je me souviens de l’image : une femme nue, allongée, dont le corps épouse parfaitement les contours de la carte d’Haïti. Sa silhouette devient territoire ; ses courbes dessinent les frontières, comme si la nation elle-même prenait chair. Mais cette chair est livrée à la dévastation : des rats la rongent, s’acharnant sur elle avec voracité. L’image est violente, presque insoutenable.

Ainsi se déploie toute la force symbolique du tableau de Shiler St-Éloi : la femme-territoire incarne un pays meurtri, attaqué de l’intérieur, consumé par des forces parasites. Le corps féminin devient métaphore d’une patrie vulnérable. La scène, d’une puissance tragique, transforme la souffrance nationale en vision plastique d’une intensité inoubliable.
Ce tableau, accroché au salon des St-Éloi, Derenoncourt l’avait restauré. Les bandits l’ont vandalisé à coups de canif.
Derenoncourt ne s’en remettra jamais de cette tragédie. « Saint-Éloi était une sorte de Tiga à Carrefour-Feuilles. Il a formé énormément de jeunes, gratuitement. Il se donnait sans compter… Et voyez ce que le pays a réservé à la famille St-Éloi… »
La douleur est palpable : toute une vie de travail est partie en fumée. Sa femme aussi a été secouée, mais elle a tenu bon. Il poursuit : « On me raconte que, toute jeune, madame St-Éloi ramassait des pierres pour la fondation de cette maison. Il aura suffi d’un séisme politique et social pour que tout s’effondre. »
Il se souvient aussi d’un portrait que Shiler, mort à 41 ans en 2017, avait peint pour sa mère : « Tu m’as porté en ton sein ; je vais te peindre. » Le dessin au fusain qui trônait dans le salon a lui aussi été déchiqueté par les bandits.
Quel triste sort !
Les maîtres et la chaîne de transmission
Autour de notre café, nous évoquons Préfète Duffaut. Derenoncourt le situe aux côtés d’Hector Hyppolite, Philomé Obin, Castera Bazile, Wilson Bigaud, Rigaud Benoit, André Pierre… Autant de noms qui colorent nos souvenirs de verts paradis et d’esprits venus d’Afrique.
Je me souviens, enfant, de l’atelier du maître à l’impasse Eddy et de Nossirel, parent de madame Duffaut, qui reproduisait ses œuvres pour les touristes. À défaut d’un original, l’une de ses toiles était exposée dans notre salon.
Le peintre des villes imaginaires s’entourait de jeunes. Figure majeure de l’art naïf haïtien, il incarnait l’ethos de Carrefour-Feuilles : une manière d’être et de transmettre, un fil tendu que la violence armée a fini par rompre.
Parmi les autres maîtres, Ludovic Booz se distingue par sa moustache imposante et sa mine sévère, mais c’était un homme chaleureux. Professeur de sculpture et de fonderie à l’ENARTS, il accueillait les jeunes dans son atelier de la rue Brédy. Là, il leur enseignait le modelage avec patience et rigueur. Il avait lui-même étudié auprès de Paul Desmangles, Géo Ramponeau et Antonio Joseph. Le critique Gérald Alexis disait de ce dernier : « Sans Picasso, Joseph aurait pu être l’inventeur du cubisme. »
Pour Derenoncourt, Booz était dans la lignée des grandes figures qui ont marqué notre quartier. « Quand on a un Booz devant soi, c’est tout un trésor qui se transmet, si l’on est réceptif », dit-il.
Jean-Ménard porte dans son cœur Carrefour-Feuilles autant que Bel-Air. « Sans Bel-Air, quartier populaire lui aussi marqué par le fléau de la violence, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui : peintre et restaurateur. Lorsque j’ai bénéficié d’une bourse de l’institution américaine Smithsonian pour étudier la conservation des œuvres d’art à l’université Yale, en août-septembre 2012, je me suis dit que si j’ai pu participer activement au sauvetage du patrimoine culturel haïtien, c’est parce que, dès le départ, mon maître, Emmanuel Pierre-Charles(6), m’avait initié à la restauration », rappelle-t-il. L’homme en profite pour évoquer le quartier de Bel-Air tel que le décrit Frankétienne, offrant, dans toute sa tragédie, un panorama sur le centre-ville de Port-au-Prince.

Derenoncourt est un don de ce quartier où Frankétienne a commencé à peindre, écrire, chanter, faire du théâtre et enseigner. C’est sur ces hauteurs qu’il a suivi les cours de Jean-René Jérôme et rencontré Rose-Marie Desruisseaux, Guerdy Préval, Etzer Charles, venus à l’Athénée, atelier où il a planté son chevalet pendant dix ans, jusqu’à la mort de Manno.
L’artiste m’entraîne dans ce lieu de création, évoquant ses spécificités artistiques et spirituelles. J’ai dû, à chaque fois, le recentrer pour ne pas dépasser le cadre que nous nous étions fixé : la carte culturelle de Carrefour-Feuilles.
Carrefour-Feuilles lui a porté un coup. Au moment où je lui prête une oreille attentive, il en ressent encore l’effet. « Gad sa yo fè nou ! » (Regardez ce qu’ils nous ont fait !) Ces mots, répétés, résonnent comme un cri et ouvrent une blessure. C’est un cri souterrain que l’artiste n’a pas encore libéré dans une œuvre d’art.
Il évoque Emmanuel Pierre-Charles, maître du Bel-Air, qui l’a guidé dans sa jeunesse, et Casimir Joseph, maître de Carrefour-Feuilles, excellent dessinateur et coloriste, auprès duquel il a exploré des séries autour du blanc, du rouge et d’autres variations chromatiques.
« J’étais l’élève de Casimir Joseph. Casimir était l’élève de Georges Ramponeau. C’est à travers lui que j’ai rencontré Ramponeau », souligne Derenoncourt.
Un quartier à vif
Derenoncourt évoque aussi Wébert Sicot, saxophoniste de la Cadence rampa, et la bibliothèque du Soleil de Pierre Clitandre, ce foyer culturel où se succédaient Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Frankétienne, Gary Victor, Marc Exavier et bien d’autres.
En observant cet héritage en péril, ce désordre et l’abandon de la population, nous comprenons que l’heure douloureuse tisse désormais un autre récit : celui du renoncement à être pleinement nous-mêmes, et celui qui célèbre la puissance brute et l’enrichissement immédiat, souvent illicite, à l’ère du tout-médiatique.
Arc-boutés derrière leurs armes, de jeunes soldats, trop longtemps exclus de la société, ne voyaient que faiblesse et fainéantise dans ces lieux où se rassemblaient des artistes occupés à peaufiner leurs toiles avec la légèreté lyrique d’un coup de pinceau.
Mais il suffit de rouvrir la fenêtre sur ce quartier, aujourd’hui colonisé par les bandits, pour que nos blessures se ravivent. Beaucoup de passeurs de tradition ont quitté les lieux : certains à l’étranger, d’autres à Pétion-Ville, Delmas ou dans les villes de province. D’autres encore survivent dans des camps de déplacés.
Ils ont vu leurs maisons pillées et incendiées, leurs proches assassinés. Les temples vodou, les églises, les lieux de mémoire n’ont pas été épargnés.
Même le mythique Hôtel Oloffson. Ce manoir néogothique de la fin du XIXe siècle. Cette ancienne résidence du président Tirésias Simon Sam. Réduit en cendres dans la nuit du 5 au 6 juillet 2025.
Les bandits ont frappé partout. Les maisons pillées. Les temples vandalisés. Églises et ateliers incendiée. Partout, la mémoire brûle.
Les fines fleurs de la sensibilité de Carrefour-Feuilles ont été chassées à coups de pierres, de mitraille et de flammes.
Comment reviendront-elles ?
La question demeure, immense, au cœur du désespoir.
Claude Bernard Sérant
Références
1. Jean-Ménard Derenoncourt
Jean-Ménard Derenoncourt a étudié à l’Académie des Beaux-Arts (1975-1980). Il a débuté en dessin et en peinture dans un cours particulier avec René Exumé (1974-1976), au Foyer des arts plastiques.
En janvier 2000, il commence à enseigner à l’École nationale des arts (ENARTS).
En mars 1988, il réalise une fresque (4,60 m × 1,70 m) dans l’auditorium du Cycle d’orientation des Voirets, à Genève (Suisse).
En novembre 1986, il expose ses œuvres à l’Institut français en Haïti sous le thème : « Solo sur la condition humaine ».
En mars 2000, il participe à une semaine culturelle à Camagüey (Cuba).
Du 18 au 31 octobre 2006, il présente Dossier 1801-2006 ou rétrospective des œuvres de Jean-Ménard Derenoncourt à la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL).
Entre janvier et juillet 2023, il prend part à la restauration de quatorze peintures de la collection permanente du Centre d’Art.
En décembre 2025, il participe à une exposition collective de sculptures et de peintures réunissant artistes-peintres et professeurs de l’ENARTS, dans les locaux du Consulat général de la République d’Haïti à Paris.
Sources :
– Le Centre d’Art, « Quatorze peintures de la collection du Centre d’Art restaurées », 2023.
– Le National, article en ligne, 2025.
– Le Nouvelliste, articles en ligne (2006, 2016).
2. Lionel St-Éloi
Lionel St-Éloi, artiste peintre et sculpteur, débute dans la peinture à l’atelier « Poto-Mitan ».
Ses œuvres sont exposées sur la scène internationale, notamment :
– au Grand Palais, Paris (2014-2015) ;
– à la Halle Saint-Pierre, Paris ;
– au Fowler Museum (États-Unis, 2013) ;
– au Ramapo College Art Gallery (États-Unis, 2013) ;
– au Musée du Montparnasse, Paris (2009) ;
– à l’Abbaye de Daoulas, Bretagne (2003).
Plusieurs de ses œuvres figurent dans les collections permanentes du Centre d’Art, du Musée d’Art haïtien du Collège Saint-Pierre, du Davenport Museum, du Waterloo Museum, du Ramapo College (New Jersey) et du New Orleans Museum of Art.
Source : Le Centre d’Art, fiche artiste.
3. Casimir Joseph
Casimir Joseph fait ses études artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Port-au-Prince. Après son passage à l’Académie, il s’installe comme coiffeur, à l’instar de son père. Sur l’insistance de Ludovic Booz, il reprend la peinture.
Surnommé « Mèt Case », il installe son atelier impasse Gauthier, à Carrefour-Feuilles. Plusieurs de ses œuvres sont exposées à la Galerie d’Art Nader et lors du Festival Arts.
Il est reconnu comme l’un des plus grands miniaturistes haïtiens et comme un important peintre d’histoire.
Source : Le Nouvelliste, article en ligne.
4. Ludovic Booz
Ludovic Booz, peintre et sculpteur haïtien, fait partie de la première promotion de l’Académie des Beaux-Arts, où il obtient un diplôme en fonderie et en sculpture.
Il enseigne à l’École nationale des arts (ENARTS) jusqu’à son décès, le 2 février 2015, à Miami. Son atelier, situé rue Brédy à Carrefour-Feuilles, est considéré comme une véritable école libre.
Parmi ses réalisations figurent :
– les armoiries du sarcophage dédié aux Pères de la Patrie, au Musée du Panthéon national haïtien ;
– le buste d’Henry Christophe (MUPANAH) ;
– la Statue de l’Indien inconnu (Port-au-Prince) ;
– la Statue à la Paix (Port-au-Prince) ;
– le buste de Dumarsais Estimé (Port-au-Prince) ;
– le buste de Paul Eugène Magloire Ambroise (Jacmel) ;
– le buste d’Hector Hyppolite (Pont-Morin) ;
– le buste de Toussaint Louverture (quai des Queyries, Bordeaux).
Il réalise également « Le Ticket d’or » à l’effigie de Nemours Jean-Baptiste pour la 9e édition de Musique en folie.
Source : Le Nouvelliste, article en ligne.
5. Préfète Duffaut
Préfète Duffaut est l’une des grandes figures de l’art naïf haïtien. Il s’inscrit dans la lignée d’Hector Hyppolite, Philomé Obin, Castera Bazile, Wilson Bigaud, Rigaud Benoit et André Pierre.
En 1950, il participe, avec d’autres artistes, à la réalisation des fresques de la cathédrale Sainte-Trinité de Port-au-Prince, détruites lors du séisme du 12 janvier 2010.
Son œuvre est mentionnée dans plusieurs ouvrages de référence :
– Michel Philippe Lerebours, Haïti et ses peintres de 1804 à 1980. Souffrances & Espoirs d’un peuple, Port-au-Prince, 1989, 2 vol. ;
– José Nadal-Gardère et Gérald Bloncourt, La Peinture haïtienne / Haitian Arts, Paris, Nathan, 1986 ;
– Allison Thompson, Lucien Finkelstein et Michel Philippe Lerebours, Arte Naif : Brasil-Haiti, Brasília, Athalaia Gráfica e Editora, 2005.
6. Emmanuel Pierre-Charles
Emmanuel Pierre-Charles fait partie de la première promotion de l’Académie des Beaux-Arts dans les années 1960. Il y étudie la peinture, le moulage et la sculpture sous l’enseignement de Raoul Dupoux, Georges Ramponneau et Montaguelli.
Diplômé peintre, comme Bernard Séjourné, Georges Paul Hector et Rose-Marie Desruisseaux, il enseigne le dessin et la peinture dès l’ouverture de l’École nationale des arts (ENARTS) en 1982.
Dans les années 1970, il fonde l’Athénée, rue des Césars, dans le quartier de Bel-Air, un espace d’école libre où il forme de nombreux jeunes artistes.
Source : Jean-Ménard Derenoncourt, enseignant à l’ENARTS.
Mémoire d’un quartier
Autour de Carrefour-Feuilles, un lieu de création artistique au cœur du désespoir
Entre mémoire et brûlure, ce texte croise deux regards : le mien, fils de Carrefour-Feuilles parti depuis plus de vingt ans, et celui de Jean-Ménard Derenoncourt, peintre et restaurateur contraint, lui aussi, à l’exil intérieur. Tous deux, nous portons au cœur ce quartier accroché aux flancs du morne l’Hôpital. Jadis foyer incandescent de création, aujourd’hui blessé par la violence. De cette rencontre naît un récit où se mêlent transmission, perte et fidélité.
Jean-Ménard Derenoncourt (1) compte parmi ces peintres qui ont longtemps vécu à Carrefour-Feuilles, ce quartier accroché aux contreforts du morne l’Hôpital, au sud de Port-au-Prince. Aujourd’hui meurtri par la gangstérisation tentaculaire de la capitale, le quartier traverse l’une des périodes les plus douloureuses de son histoire. Comme tant d’artistes issus de ce haut lieu symbolique et patrimonial, il a vu s’effondrer un espace qui incarnait une âme, un souffle, une mémoire vivante. Tout ce que la violence des bandes armées s’acharne à effacer, comme pour en abolir jusqu’à la trace.
Natif de Carrefour-Feuilles, quartier que j’ai quitté il y a plus de deux décennies, je suis allé rencontrer l’enseignant de l’École nationale des arts (ENARTS), aujourd’hui installé à Haut-Turgeau. En août 2023, des bandits ont incendié l’église du pasteur Jean Élie Valentin, située rue Timoléon. L’atelier de l’artiste occupait le rez-de-chaussée du temple. Quelques-uns de ses tableaux ont pu être sauvés grâce à l’intervention de bons samaritains.
Carrefour-Feuilles, pépinière de talents, terre de transmission
Ce qui faisait la force de Carrefour-Feuilles, autant que je m’en souvienne, c’était la générosité de ses artistes : Préfète Duffaut (2), Ludovic Booz (3), Casimir Joseph (4), la famille St-Éloi. À Lakou Tamaren, chez Idoksy Paret, rue Sicot, se retrouvait toute une kyrielle de sambas : Louis Lesly Marcelin (Samba Zao) et ses frères, Eddy François de Boukan Ginen, ainsi que de nombreux artistes de Foula. C’est là aussi que j’ai rencontré Ronald Derenoncourt, alias Aboudja, découvreur de talents dans les années 1980. Celui qui deviendra plus tard houngan se rendait à Soukri, nan Souvenans, accompagné d’une véritable colonie d’artistes en quête de sonorités nouvelles. Chez Idoksy défilaient encore Théodore Beaubrun et toute la fratrie de Boukman Eksperyans, jusqu’à Jean-Robert Jean-Louis et sa troupe Les Colibris.
D’autres chemins menaient aux ateliers d’écriture de Gary Victor, Pierre Clitandre, Marc Exavier, ou encore de l’équipe de Classe Magazine, que je dirigeais à l’époque. Parmi les périodiques du quartier, on trouvait également Colibri Info, En Route, Carrefour-Feuilles Actuel. Le Foyer Éveil, sur la route des Dalles, attirait de nombreux jeunes. Autant d’espaces qui ouvraient des champs de débat et de réflexion : un véritable bouillon de culture où tous les univers se croisaient, offrant à chacun une place et une voix.
Derenoncourt est une mémoire vivante de ce lieu. Si je ne suis pas devenu peintre, ce n’est pas faute d’avoir fréquenté son atelier. En 1993, j’écrivais dans Colibri Info : « Si vous êtes au marché Tunnel et que vous lancez une pierre, si elle ne tombe pas sur la tête d’un peintre, c’est que vous n’êtes pas à Carrefour-Feuilles. »
J’ai longtemps été bercé par les volumes empilés dans son atelier. Il me les mettait à disposition, et je les dévorais un à un. Toute cette littérature a fini par aiguiser ma sensibilité artistique et nourrir mon regard sur le monde.
Pour raviver ce morceau d’histoire, marqué par une transmission intergénérationnelle généreuse des savoirs et des savoir-faire, je voulais retourner vers un symbole vivant de cette tradition. Je suis allé le voir chez lui.
J’ai toujours cru que Derenoncourt était né à la rue Amiral, à Carrefour-Feuilles. Ce samedi matin de février, il m’a corrigé : « Je suis né en 1958, à quelques pas de là, rue Cameau, au Bas-Peu-de-Chose, et je suis arrivé dans ce quartier à l’âge de six ans. »
Après le séisme du 12 janvier 2010, qui a détruit sa maison familiale et emporté sa mère, sa sœur et l’une de ses servantes, il a quitté la rue Amiral. Son atelier, lui, est resté debout, à quelques encablures des ruines.
À Turgeau, le vaste rez-de-chaussée où il m’accueille fait office de salle d’attente, d’atelier et de galerie. Une trentaine de tableaux, de toutes dimensions, sont empilés le long d’un mur. Il m’invite à m’asseoir sur un large canapé. Je pose mon magnétophone pour ne rien perdre de notre conversation. Il me sert une cafetière fumante et une tasse : l’arôme du café envahit aussitôt l’espace.
Nous évoquons la disparition de son atelier à la rue Timoléon, mais ce qui l’a le plus attristé, c’est l’incendie de la maison de Lionel St-Éloi (5), à l’impasse St-Éloi, non loin des rues Timoléon et Saieh.
Un voile de tristesse traverse son visage. « Quand Zikiki m’a dit que les bandits avaient brûlé l’atelier de son père et pillé la maison familiale, j’ai immédiatement imaginé la perte de ce patrimoine », confie-t-il.
Une dynastie de créateurs fauchée
Évoquer les St-Éloi, c’est feuilleter un véritable livre d’histoire sur la transmission du savoir à Carrefour-Feuilles. Ce n’était pas seulement Lionel : toute la famille participait activement, sa femme et ses enfants compris. C’était un univers à part entière : musique, danse, peinture, sculpture, théâtre. Chacun pratiquait un art, chacun exerçait un métier artistique.
Shiler était professeur de dessin et de peinture. Duckyns, alias Zikiki, et sa femme enseignaient la musique. Zikiki, membre du groupe Yzra’El, est le filleul de Samba Zao.
Chez les St-Éloi, où je me rendais pour des entretiens, les jeunes s’adonnaient à l’art de la récupération. La sculpture réalisée à partir de matériaux recyclés tenait une place centrale : bouts de fer, casseroles, cuillères, ferrailles, pièces usagées… Tout se transformait en matériau de création.
Mes souvenirs poussent Derenoncourt à remonter plus loin : « J’ai rencontré St-Éloi en 1982. C’était un touche-à-tout : céramique, peinture, sculpture, récupération. Il jouait plusieurs instruments. Tambour, flûte, saxophone, harmonica. Formé à Poto Mitan, il passera par le Centre d’Art. C’est un artiste qui se réinventait sans cesse. »
Pour ma part, me revient à l’esprit une toile saisissante de Shiler qui me frappait à chaque visite dans le salon des St-Éloi. Derenoncourt cherche en vain la photo de cette œuvre sur son téléphone.
Je me souviens de l’image : une femme nue, allongée, dont le corps épouse parfaitement les contours de la carte d’Haïti. Sa silhouette devient territoire ; ses courbes dessinent les frontières, comme si la nation elle-même prenait chair. Mais cette chair est livrée à la dévastation : des rats la rongent, s’acharnant sur elle avec voracité. L’image est violente, presque insoutenable.
Ainsi se déploie toute la force symbolique du tableau de Shiler St-Éloi : la femme-territoire incarne un pays meurtri, attaqué de l’intérieur, consumé par des forces parasites. Le corps féminin devient métaphore d’une patrie vulnérable. La scène, d’une puissance tragique, transforme la souffrance nationale en vision plastique d’une intensité inoubliable.
Ce tableau, accroché au salon des St-Éloi, Derenoncourt l’avait restauré. Les bandits l’ont vandalisé à coups de canif.
Derenoncourt ne s’en remettra jamais de cette tragédie. « Saint-Éloi était une sorte de Tiga à Carrefour-Feuilles. Il a formé énormément de jeunes, gratuitement. Il se donnait sans compter… Et voyez ce que le pays a réservé à la famille St-Éloi… »
La douleur est palpable : toute une vie de travail est partie en fumée. Sa femme aussi a été secouée, mais elle a tenu bon. Il poursuit : « On me raconte que, toute jeune, madame St-Éloi ramassait des pierres pour la fondation de cette maison. Il aura suffi d’un séisme politique et social pour que tout s’effondre. »
Il se souvient aussi d’un portrait que Shiler, mort à 41 ans en 2017, avait peint pour sa mère : « Tu m’as porté en ton sein ; je vais te peindre. » Le dessin au fusain qui trônait dans le salon a lui aussi été déchiqueté par les bandits.
Quel triste sort !
Les maîtres et la chaîne de transmission
Autour de notre café, nous évoquons Préfète Duffaut. Derenoncourt le situe aux côtés d’Hector Hyppolite, Philomé Obin, Castera Bazile, Wilson Bigaud, Rigaud Benoit, André Pierre… Autant de noms qui colorent nos souvenirs de verts paradis et d’esprits venus d’Afrique.
Je me souviens, enfant, de l’atelier du maître à l’impasse Eddy et de Nossirel, parent de madame Duffaut, qui reproduisait ses œuvres pour les touristes. À défaut d’un original, l’une de ses toiles était exposée dans notre salon.
Le peintre des villes imaginaires s’entourait de jeunes. Figure majeure de l’art naïf haïtien, il incarnait l’ethos de Carrefour-Feuilles : une manière d’être et de transmettre, un fil tendu que la violence armée a fini par rompre.
Parmi les autres maîtres, Ludovic Booz se distingue par sa moustache imposante et sa mine sévère, mais c’était un homme chaleureux. Professeur de sculpture et de fonderie à l’ENARTS, il accueillait les jeunes dans son atelier de la rue Brédy. Là, il leur enseignait le modelage avec patience et rigueur. Il avait lui-même étudié auprès de Paul Desmangles, Géo Ramponeau et Antonio Joseph. Le critique Gérald Alexis disait de ce dernier : « Sans Picasso, Joseph aurait pu être l’inventeur du cubisme. »
Pour Derenoncourt, Booz était dans la lignée des grandes figures qui ont marqué notre quartier. « Quand on a un Booz devant soi, c’est tout un trésor qui se transmet, si l’on est réceptif », dit-il.
Jean-Ménard porte dans son cœur Carrefour-Feuilles autant que Bel-Air. « Sans Bel-Air, quartier populaire lui aussi marqué par le fléau de la violence, je ne serais pas ce que je suis aujourd’hui : peintre et restaurateur. Lorsque j’ai bénéficié d’une bourse de l’institution américaine Smithsonian pour étudier la conservation des œuvres d’art à l’université Yale, en août-septembre 2012, je me suis dit que si j’ai pu participer activement au sauvetage du patrimoine culturel haïtien, c’est parce que, dès le départ, mon maître, Emmanuel Pierre-Charles(6), m’avait initié à la restauration », rappelle-t-il. L’homme en profite pour évoquer le quartier de Bel-Air tel que le décrit Frankétienne, offrant, dans toute sa tragédie, un panorama sur le centre-ville de Port-au-Prince.
Derenoncourt est un don de ce quartier où Frankétienne a commencé à peindre, écrire, chanter, faire du théâtre et enseigner. C’est sur ces hauteurs qu’il a suivi les cours de Jean-René Jérôme et rencontré Rose-Marie Desruisseaux, Guerdy Préval, Etzer Charles, venus à l’Athénée, atelier où il a planté son chevalet pendant dix ans, jusqu’à la mort de Manno.
L’artiste m’entraîne dans ce lieu de création, évoquant ses spécificités artistiques et spirituelles. J’ai dû, à chaque fois, le recentrer pour ne pas dépasser le cadre que nous nous étions fixé : la carte culturelle de Carrefour-Feuilles.
Carrefour-Feuilles lui a porté un coup. Au moment où je lui prête une oreille attentive, il en ressent encore l’effet. « Gad sa yo fè nou ! » (Regardez ce qu’ils nous ont fait !) Ces mots, répétés, résonnent comme un cri et ouvrent une blessure. C’est un cri souterrain que l’artiste n’a pas encore libéré dans une œuvre d’art.
Il évoque Emmanuel Pierre-Charles, maître du Bel-Air, qui l’a guidé dans sa jeunesse, et Casimir Joseph, maître de Carrefour-Feuilles, excellent dessinateur et coloriste, auprès duquel il a exploré des séries autour du blanc, du rouge et d’autres variations chromatiques.
« J’étais l’élève de Casimir Joseph. Casimir était l’élève de Georges Ramponeau. C’est à travers lui que j’ai rencontré Ramponeau », souligne Derenoncourt.
Un quartier à vif
Derenoncourt évoque aussi Wébert Sicot, saxophoniste de la Cadence rampa, et la bibliothèque du Soleil de Pierre Clitandre, ce foyer culturel où se succédaient Dany Laferrière, Lyonel Trouillot, Frankétienne, Gary Victor, Marc Exavier et bien d’autres.
En observant cet héritage en péril, ce désordre et l’abandon de la population, nous comprenons que l’heure douloureuse tisse désormais un autre récit : celui du renoncement à être pleinement nous-mêmes, et celui qui célèbre la puissance brute et l’enrichissement immédiat, souvent illicite, à l’ère du tout-médiatique.
Arc-boutés derrière leurs armes, de jeunes soldats, trop longtemps exclus de la société, ne voyaient que faiblesse et fainéantise dans ces lieux où se rassemblaient des artistes occupés à peaufiner leurs toiles avec la légèreté lyrique d’un coup de pinceau.
Mais il suffit de rouvrir la fenêtre sur ce quartier, aujourd’hui colonisé par les bandits, pour que nos blessures se ravivent. Beaucoup de passeurs de tradition ont quitté les lieux : certains à l’étranger, d’autres à Pétion-Ville, Delmas ou dans les villes de province. D’autres encore survivent dans des camps de déplacés.
Ils ont vu leurs maisons pillées et incendiées, leurs proches assassinés. Les temples vodou, les églises, les lieux de mémoire n’ont pas été épargnés.
Même le mythique Hôtel Oloffson. Ce manoir néogothique de la fin du XIXe siècle. Cette ancienne résidence du président Tirésias Simon Sam. Réduit en cendres dans la nuit du 5 au 6 juillet 2025.
Les bandits ont frappé partout. Les maisons pillées. Les temples vandalisés. Églises et ateliers incendiée. Partout, la mémoire brûle.
Les fines fleurs de la sensibilité de Carrefour-Feuilles ont été chassées à coups de pierres, de mitraille et de flammes.
Comment reviendront-elles ?
La question demeure, immense, au cœur du désespoir.
Claude Bernard Sérant
Références
1. Jean-Ménard Derenoncourt
Jean-Ménard Derenoncourt a étudié à l’Académie des Beaux-Arts (1975-1980). Il a débuté en dessin et en peinture dans un cours particulier avec René Exumé (1974-1976), au Foyer des arts plastiques.
En janvier 2000, il commence à enseigner à l’École nationale des arts (ENARTS).
En mars 1988, il réalise une fresque (4,60 m × 1,70 m) dans l’auditorium du Cycle d’orientation des Voirets, à Genève (Suisse).
En novembre 1986, il expose ses œuvres à l’Institut français en Haïti sous le thème : « Solo sur la condition humaine ».
En mars 2000, il participe à une semaine culturelle à Camagüey (Cuba).
Du 18 au 31 octobre 2006, il présente Dossier 1801-2006 ou rétrospective des œuvres de Jean-Ménard Derenoncourt à la Fondasyon Konesans ak Libète (FOKAL).
Entre janvier et juillet 2023, il prend part à la restauration de quatorze peintures de la collection permanente du Centre d’Art.
En décembre 2025, il participe à une exposition collective de sculptures et de peintures réunissant artistes-peintres et professeurs de l’ENARTS, dans les locaux du Consulat général de la République d’Haïti à Paris.
Sources :
– Le Centre d’Art, « Quatorze peintures de la collection du Centre d’Art restaurées », 2023.
– Le National, article en ligne, 2025.
– Le Nouvelliste, articles en ligne (2006, 2016).
2. Lionel St-Éloi
Lionel St-Éloi, artiste peintre et sculpteur, débute dans la peinture à l’atelier « Poto-Mitan ».
Ses œuvres sont exposées sur la scène internationale, notamment :
– au Grand Palais, Paris (2014-2015) ;
– à la Halle Saint-Pierre, Paris ;
– au Fowler Museum (États-Unis, 2013) ;
– au Ramapo College Art Gallery (États-Unis, 2013) ;
– au Musée du Montparnasse, Paris (2009) ;
– à l’Abbaye de Daoulas, Bretagne (2003).
Plusieurs de ses œuvres figurent dans les collections permanentes du Centre d’Art, du Musée d’Art haïtien du Collège Saint-Pierre, du Davenport Museum, du Waterloo Museum, du Ramapo College (New Jersey) et du New Orleans Museum of Art.
Source : Le Centre d’Art, fiche artiste.
3. Casimir Joseph
Casimir Joseph fait ses études artistiques à l’Académie des Beaux-Arts de Port-au-Prince. Après son passage à l’Académie, il s’installe comme coiffeur, à l’instar de son père. Sur l’insistance de Ludovic Booz, il reprend la peinture.
Surnommé « Mèt Case », il installe son atelier impasse Gauthier, à Carrefour-Feuilles. Plusieurs de ses œuvres sont exposées à la Galerie d’Art Nader et lors du Festival Arts.
Il est reconnu comme l’un des plus grands miniaturistes haïtiens et comme un important peintre d’histoire.
Source : Le Nouvelliste, article en ligne.
4. Ludovic Booz
Ludovic Booz, peintre et sculpteur haïtien, fait partie de la première promotion de l’Académie des Beaux-Arts, où il obtient un diplôme en fonderie et en sculpture.
Il enseigne à l’École nationale des arts (ENARTS) jusqu’à son décès, le 2 février 2015, à Miami. Son atelier, situé rue Brédy à Carrefour-Feuilles, est considéré comme une véritable école libre.
Parmi ses réalisations figurent :
– les armoiries du sarcophage dédié aux Pères de la Patrie, au Musée du Panthéon national haïtien ;
– le buste d’Henry Christophe (MUPANAH) ;
– la Statue de l’Indien inconnu (Port-au-Prince) ;
– la Statue à la Paix (Port-au-Prince) ;
– le buste de Dumarsais Estimé (Port-au-Prince) ;
– le buste de Paul Eugène Magloire Ambroise (Jacmel) ;
– le buste d’Hector Hyppolite (Pont-Morin) ;
– le buste de Toussaint Louverture (quai des Queyries, Bordeaux).
Il réalise également « Le Ticket d’or » à l’effigie de Nemours Jean-Baptiste pour la 9e édition de Musique en folie.
Source : Le Nouvelliste, article en ligne.
5. Préfète Duffaut
Préfète Duffaut est l’une des grandes figures de l’art naïf haïtien. Il s’inscrit dans la lignée d’Hector Hyppolite, Philomé Obin, Castera Bazile, Wilson Bigaud, Rigaud Benoit et André Pierre.
En 1950, il participe, avec d’autres artistes, à la réalisation des fresques de la cathédrale Sainte-Trinité de Port-au-Prince, détruites lors du séisme du 12 janvier 2010.
Son œuvre est mentionnée dans plusieurs ouvrages de référence :
– Michel Philippe Lerebours, Haïti et ses peintres de 1804 à 1980. Souffrances & Espoirs d’un peuple, Port-au-Prince, 1989, 2 vol. ;
– José Nadal-Gardère et Gérald Bloncourt, La Peinture haïtienne / Haitian Arts, Paris, Nathan, 1986 ;
– Allison Thompson, Lucien Finkelstein et Michel Philippe Lerebours, Arte Naif : Brasil-Haiti, Brasília, Athalaia Gráfica e Editora, 2005.
6. Emmanuel Pierre-Charles
Emmanuel Pierre-Charles fait partie de la première promotion de l’Académie des Beaux-Arts dans les années 1960. Il y étudie la peinture, le moulage et la sculpture sous l’enseignement de Raoul Dupoux, Georges Ramponneau et Montaguelli.
Diplômé peintre, comme Bernard Séjourné, Georges Paul Hector et Rose-Marie Desruisseaux, il enseigne le dessin et la peinture dès l’ouverture de l’École nationale des arts (ENARTS) en 1982.
Dans les années 1970, il fonde l’Athénée, rue des Césars, dans le quartier de Bel-Air, un espace d’école libre où il forme de nombreux jeunes artistes.
Source : Jean-Ménard Derenoncourt, enseignant à l’ENARTS.

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